
Venez festoyer, guerroyer ou ... comploter en Orcanie ! |
| | | Auteur | Message |
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Moto Kosakura

 Nombre de messages: 6 Age: 23 Camp: Clan de la Licorne Classe sociale: aristocratie étrangère - bushi Terre: Empire de Jade (far far away) Date d'inscription: 28/09/2008
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 | Sujet: Une caravane ennuyée Mer 21 Jan - 4:48 | |
| L'atmosphère de la caravane devenait chaque jour plus tendue.
Les hommes et les femmes commençaient à aspirer follement de rentrer chez eux ; et l'inertie de ne plus bouger pendant des semaines se faisait sentir plus encore à chaque heure qui passait.
Où était passée Moto Kosakura, la jeune fille qu'on avait envoyé depuis déjà des mois à la poursuite de la jeune moine tatouée ? Quand reviendrait-elle enfin...? Ne devait-elle pas être morte, désormais, pour qu'elle ne soit pas rentrée au "bercail" après tant de temps ?
Le regard de Ide Chuan, le monumental responsable de la caravane, se porta au loin, fatigué, las. Tout ça, pour une gamine... peuh.
Il regarda d'un air distrait le vieux rônin qui les accompagnait, mangeant paisiblement son millet dans son bol, près du feu. Ce vieillard aussi ne créait que des problèmes.
Que ne donnerait-il pas pour se débarasser de cet individu sans honneur !L'obèse plissa soudainement les yeux... et ordonna à un eta qui passait par là : -"Annonce le départ puis range ma tente." Puis, sans un regard pour son serviteur, se dirigea à grandes enjambées vers le rônin, un rictus de sourire plaqué sur les lèvres. -"Bao-san... Bonjour à toi. Comment te portes-tu ce matin ?" Puis, sans lui donner le temps de répondre, le licorne continua :-"J'ai une grande nouvelle pour toi ! Comme je sais que tu aimes les voyage, je t'annonce que nous rentrons au pays !" |
|  | | Baozhei-Jen Tzu

 Nombre de messages: 16 Age: 19 Camp: Celui de la paix Classe sociale: Ancien noble étranger exilé Terre: Toutes, ou aucune Date d'inscription: 21/01/2009
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 | Sujet: Re: Une caravane ennuyée Mer 21 Jan - 5:12 | |
| Je t'annonce que nous rentrons au pays.Ide Chuan, cet homme tout fait en poids et en largeur, s'était élevé avec les ans ; il avait pris du ventre et de l'importance. Cela n'était certes pas pour plaire au combattant exilé. Mais il se garda bien de le montrer, et adressa une esquisse de sourire pleine de douceur à celui qui dirigeait la caravane, ignorant le sarcasme comme s'il ne l'avait pas entendu. Après tout, il en avait l'habitude, et surtout avait appris depuis bien longtemps qu'il était inutile de s'y attarder. Une grande nouvelle, en effet, mon ami. Il n'est pas difficile de remarquer, dans les yeux de ceux qui t'accompagnent, que le Clan leur manque grandement...Le vieil homme, calmement, posa à même le sol le bol de bois dans lequel il mangeait. Le goût de la nourriture lui paraissait fort agréable, pourtant celle-ci n'était pas de grande qualité. En réalité, c'était simplement la liberté que lui offrait la vaste plaine qui lui donnait cette joie intérieure qu'il appelait "vie". Je sais que le sujet déplait, mais, tu es toujours sans nouvelle de la petite, n'est-ce pas ?L'ancien maître d'armes posa son regard pétillant d'intelligence droit sur celui de son interlocteur, avant de continuer. Peut-être pourrais-je partir à sa recherche, et à celle de Moto... Après-tout, j'ai mon âne, et tout ce qu'il me faut. Vous n'avez qu'à partir sans moi.Baozhei-Jen accompagna ces paroles d'un sourire doux auquel les marques de l'âge donnaient un aspect légèrement fragile - malgré la santé physique remarquable du voyageur. Il savait ; il le savait, que c'est exactement ce que Chuan voulait entendre. Il pouvait passer pour un imbécile, peu importe. Le but du Tzu n'était pas de se mettre en travers de la route de ceux qui s'autoproclamaient ses ennemis. Alors, qu'en dis-tu, mon ami ?_________________ 
Dernière édition par Baozhei-Jen Tzu le Mer 21 Jan - 7:57, édité 2 fois |
|  | | Moto Kosakura

 Nombre de messages: 6 Age: 23 Camp: Clan de la Licorne Classe sociale: aristocratie étrangère - bushi Terre: Empire de Jade (far far away) Date d'inscription: 28/09/2008
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 | Sujet: Re: Une caravane ennuyée Mer 21 Jan - 5:36 | |
| Ide Chuan eut un grand sourire intérieur.
Ce rônin n'était pas seulement inopportun ; il était en plus intelligent. Trop intelligent, et cela l'énervait considérablement qu'un homme comme lui puisse en posséder autant.-"Je pense que les deux doivent être mortes, à l'heure qu'il est. Mais soit... va, si tu t'en sens le désir. Si tu les retrouves... tu les ramèneras. Nous avons tant de route devant nous... Et j'ai confiance en toi, bien sur." S'il pouvait mourir, ou rester dans ce pays de débiles, avec leurs bûchers et leur fanatisme, qui se faisaient gouverner par des femmes !-"Je veux aussi que tu songes à la sécurité de l'enfant, si tu la trouves. Qu'elle n'aille pas se faire tuer en chemin. Ou ça sera toi qu'on tuera..." Ide Chuan se mit, brièvement, à la hauteur de son interlocuteur. Il avait l'air onctueux d'un homme qui voudrait paraitre sincère.-"Un honorable serviteur de l'Empire... faillir à son devoir.. ce serait tellement dommage." |
|  | | Baozhei-Jen Tzu

 Nombre de messages: 16 Age: 19 Camp: Celui de la paix Classe sociale: Ancien noble étranger exilé Terre: Toutes, ou aucune Date d'inscription: 21/01/2009
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 | Sujet: Re: Une caravane ennuyée Mer 21 Jan - 7:57 | |
| Je pense que les deux doivent être mortes, à l'heure qu'il est. Mais soit... va, si tu t'en sens le désir. Si tu les retrouves... tu les ramèneras. Nous avons tant de route devant nous... Et j'ai confiance en toi, bien sûr.Bien sûr. Comment ne pas faire confiance à un homme que l'on prend à la gorge ? En réalité, Chuan avait peur de lui, pensa Bao. C'est pour cela qu'il le menaçait. En réalité, c'est Bao qui détenait le pouvoir entre ses mains ; pas le Ide. Ramener Moto Kosakura - en supposant qu'elle fut encore vivante - n'était pas un problème. Elle était adulte, et libre. Et elle était capable de voyager seule. La seule inquiétude, à son sujet, était posée par le fait qu'elle ne donnait aucune nouvelle. Ce qui ne présageait rien de bon. Le rônin avait d'autres projets pour la petite Tsi-Lei, cependant. Il n'était encore sûr de ce qu'il allait faire - il n'avait même aucune certitude, et en était conscient. Car tout dépendrait d'elle, uniquement. Je veux aussi que tu songes à la sécurité de l'enfant, si tu la trouves. Qu'elle n'aille pas se faire tuer en chemin. Ou ce sera toi que l'on tuera...Le vieil homme ne put retenir un léger sourire plein de sérénité. Des menaces, encore. Et on ne peut plus claires, cette fois. Mais y tenait-il vraiment, à cette enfant, le Ide ? Où était-ce plutôt sa valeur, marchande, politique, - ou qu'importe ! - qui l'intéressait ?.. Le vieux Tzu ne cilla pas, tandis que le visage gras et persiffleur se pencha pour se mettre face au sien. Un honorable serviteur de l'Empire... faillir à son devoir... ce serait tellement dommage.Tant d'allusions, tant de haine. Baozhei aurait pu durcir son regard, devenir le récif sur lequel on se brise. Il aurait pu lever son bouclier, faire de ses yeux des lances à l'acier indestructible, et écraser ce chien misérable d'une seule pensée. Mais la n'était pas l'enjeu... Bao ne partirait plus en guerre. Il avait peut-être blessé à mort trois des brigands qui avaient attaqué le convoi, mais il ne l'avait fait que parceque tel était son devoir : aider ces gens, braves pour la plupart, à échapper à un incident qui aurait pu être tragique. Et en cet instant, Bao se ferait aussi tendre que sa chair de vieillard pouvait l'être. Il sourit à Chuan tout simplement, avec compassion, ses yeux gris et profonds exprimant toute la douceur et la faiblesse d'un homme - volontairement - désarmé. Il ne lui arrivera rien... je te le promet, Chuan. Quelle que soit sa valeur, ma parole est à toi._________________ 
Dernière édition par Baozhei-Jen Tzu le Mer 21 Jan - 8:32, édité 1 fois |
|  | | Moto Kosakura

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 | Sujet: Re: Une caravane ennuyée Mer 21 Jan - 8:38 | |
| Ide Chuan considéra le misérable un instant.
Oui, il le méprisait. Cette sorte de gens ne méritait pas grand chose d'autre que la mort... et il fut tenté de l'envoyer sur une fausse piste, un bref instant. Mais il se ravisa.
L'envoyer au château de la Reine Minara, c'était déjà lui faire "risquer" la mort, avec ce fou de Florin.
Après... plus rien n'était de sa responsabilité.
Peu lui importait cette fillette. Elle lui avait compliqué la vie depuis le début ; chaque fois qu'il croisait son regard, il sentait en elle sa propre essence, sa propre faute. Si elle revenait dans l'Empire, et qu'elle lui ressemblait plus qu'à son père "officiel" ? La honte, le déshonneur. Un duel serait engagé ; et il n'était pas sûr de gagner. Il devrait se faire sepukku... Sa propre vie était bien trop précieuse.-"Bao-san, je crois que la Reine Minara sait où tu pourras trouver cette enfant. Elle l'avait apparemment prise sous son aile quelques temps. C'est... tout ce que je peux faire pour t'aider. Que les Fortunes t'accompagnent." Le seigneur tourna les talons, après une légère inclinaison de la tête, indiquant par là l'aveu final de son antipathie. |
|  | | Baozhei-Jen Tzu

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 | Sujet: Re: Une caravane ennuyée Mer 21 Jan - 11:28 | |
| A peine plus d'une heure plus tard, tout était terminé ; Maître Baozhei-Jen, comme étaient tentés de l'appeler quelques uns encore, tenait son âne par la bride, et lui frottait affectueusement le museau. Les deux paniers, suspendus de part et d'autre de la selle inutilisée depuis bien longtemps, suffisaient à contenir tous les effets du voyageur, qui préférait aller à pieds sur les chemins. Ses adieux avaient été faits auprès de ceux qui l'appréciaient le plus et que cela intéresserait vraiment. La nouvelle, finalement, avait du se répendre dans le camp comme une trainée de poussière, malgré l'occupation générale des marchands et des soldats, tous travaillant à leur propre départ vers l'Orient. Bao Tzu ! Bao Tzu ! Attend-moi !Le vieil homme, qui n'était cependant pas encore parti, se retourna vers l'origine bien connue de la voix criarde. Le jeune garçon qui accourait était entièrement vêtu d'une tunique sobre de la plus belle soie. Ses cheveux noir de jais étaient soigneusement tressés et lavés, signe qu'il était prédestiné à devenir samourai. Le Tzu posa genou à terre pour se mettre au niveau de l'enfant, et il le gratifia du sourire le plus aimant et attendri qu'il pouvait faire. Te voici, mon garçon... es-tu prêt à reprendre la route ?Son regard se posait avec confiance sur le jeune noble, lui montrant qu'il le savait mûr et digne d'être vu avec respect. Jadis, Baozhei-Jen avait lui aussi été un tel garçon. Il y avait longtemps. Je sais que tu vas partir, Tzu ! Je veux venir avec toi.Le vieil homme retint une amorce de rire, teintée de tristesse autant que de bonne humeur, étrange bouquet en vérité. Puis il prit l'enfant par les épaules, de manière à s'assurer son attention, ainsi qu'en nouvelle preuve d'estime à son égard. Allons, je suis un rônin, tu le sais. Un chien fou ! dit-il avec humour. Bao fixait l'enfant d'un regard pétillant, mais ce dernier baissa ses propres yeux, tout en faisant une légère moue triste. Sa gorge était nouée, et elle nouait également celle du vieil homme. Pour la première fois depuis tant d'années, le samourai exilé ressentait ce fiel sur sa langue, qui disait à ses larmes de couler. Mais il était fort, et seul le léger pincement de sa voix, l'espace d'une seconde, faillit le trahir, alors qu'il tentait de consoler le petit. Il se rapprocha tout près de l'enfant, faisant de lui son confident, avant de lui murmurer, d'une voix faussement sérieuse, et gorgée de la malice la plus savoureuse. Tu ne vas tout de même pas suivre un chien fou ? As-tu déjà vu un chien dancer ? Non, tu ne m'as jamais vu dancer...S'accroupissant devant l'enfant, Bao commença à sautiller sur place, laissant ses deux mains pendre devant lui dans une posture simiesque. Il laissa échapper un gémissement, qui bientôt devint grognement, puis véritable jappement, d'autant plus ridicule qu'il était très réaliste. Toute la scène ne dura que quelques instants, et nul ne pouvait y assister à cause de la largeur de l'âne, si ce n'est le futur guerrier, émerveillé. Mais elle était de ces images que les décennies n'estompent pas et qui donnent à un être unique le bonheur d'une population entière. Bao, reprenant son sérieux, et se trainant un peu plus près de l'enfant maintenant souriant, posa à nouveau ses mains sur ses épaules. De nombreux voyages t'attendent, mais ce n'est pas avec moi que tu les feras. Pourtant, aussi loin que tu sois de moi, je serai à tes côtés, car tu n'oublieras jamais le vieux fou que tu appelais Tzu.L'enfant aux vêtements si soignés alors se jeta presque dans les bras de Baozhei-Jen, qui l'accueilla contre lui et le serra avec une tendresse comparable à celle d'un grand-père. Le samourai et le rônin s'étreinrent un moment, qui, à nouveau, en dépit de sa durée dérisoire, serait gravé dans leurs coeurs à tous deux, et, lorsqu'enfin ils se séparèrent l'un de l'autre, ils se sentaient légers comme l'air, malgré leur conscience du fait qu'ils ne se reverraient probablement jamais en cette vie. Au revoir, Bao Tzu... mais ils ont tort ! Tu n'es pas un chien !Le Maître, car c'est cela que signifie Tzu, ne put contenir un doux sourire devant l'innocence de son jeune interlocuteur. C'est vrai. Je ne suis pas un chien. Mais je suis bel et bien fou.Il lui adressa un sourire malicieux, qui n'était ni plus ni moins qu'un clin d'oeil, puis, faute de lui ébouriffer ses cheveux qui étaient trop bien coiffés, il donna une très légère tape amicale sur l'épaule du petit noble, en guise de dernier adieu. Je suis fier de toi. Allez... va, mon garçon ! Ils t'attendent.Ce dernier recula d'un pas, puis s'inclina très vite, et pourtant avec une telle spontanéité que cela ne pouvait être qu'une grande marque de respect. Avant de finalement s'en aller à toutes jambes, évitant que quiconque ne le gronde pour son retard, et laissant un sourire attendri sur les lèvres fines du rônin. Baozhei-Jen Tzu se releva, dignement, avec calme. Il sentait à nouveau ce sentiment puissant l'envahir ; pas celui au gout de fiel, non. Celui qui rugit comme un tambour. Celui de la liberté... Se retournant une dernière fois vers le camp en pleine activité, Bao salua celui-ci d'un sourire serein et mystérieux, avant de se saisir de la bride de son âne, et de s'engager sur le chemin avec le silence pour seule compagnie, murmurant un dernier mot à l'adresse de ses anciens compagnons de voyage... Et que les Fortunes vous accompagnent, enfants de la Licorne..._________________  |
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