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 LameNeige

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Nicolaï KalonErc'h

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Classe sociale : Chevalier de l'Epée
Terre : Florissant
Date d'inscription : 27/12/2009

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Statut Social: Chevalier de l'Epée

MessageSujet: LameNeige   Dim 27 Déc - 21:40

Voilà le début de l'histoire que je suis en train d'écrire. C'est aussi de cet univer qu'est tirer mon personnage.

Avis à ceux qui aurait des critiques à faire: ne vous gênez surtout pas.


Prélude : Le siège de Dwizerheim
276 ans avant les évênements de LameNeige (an 1 du calendrier cygnac)

Les sons métalliques des grandes balistes et des engins de sièges du duc d’Aléquimor résonnaient dans le silence total des plaines de Gaste. Le royaume autrefois fertile et riche n’était à présent qu’une terre dévastée et stérile. La nature ne reprendrait sûrement jamais ses droits sur cette lande desséchée tant le sol était à présent pervertit par la présence néfaste des vampires.
Posé au milieu de cette vaste plaine aride, se trouvait un éperon de granite qui dominait la grande étendue vide de toute sa masse. La forteresse de pierre sombre qui était bâtie au dessus semblait quand à elle plus écrasante que le roc. Pourtant, malgré son aspect, la place forte avait connut des jours meilleurs.
Quartier général de Viktor Von Erkuf durant sa campagne contre les humains des duchés du Cygne, elle avait connut le faste et la grandeur de la cour et des balles du roi vampire et de ses plus proches soutiens. Elle avait accueillit à son pied des centaines de milliers de cadavres silencieux qui n’attendait qu’une chose : tuer tout les êtres vivants qui vivaient en très grand nombre dans les duchés.
Mais ce temps semblait bien éloigné. La campagne de conquête des duchés c’était heurté aux murs de bouclier des soldats et aux charges désespérées des chevaliers. La coalition des ducs qui semblait si fragile au début avait pourtant tenue. Durant toute une année, les hordes de cadavres qui se répandaient depuis les plaines Gaste avaient été bloquées dans les marécages du duché de Winschesberg.
Un boulet tiré par un grand trébuchet acheva de briser une grande tour qui se décrocha du reste de la structure de la forteresse. La pluie de rochers alla s’abattre au sol dans un bruit de fin du monde. Les formes humaines qui s’agitaient en tout sens entraîné par la tour n’eurent aucune chance de survie. Si la chute ne les avait pas réduit en bouillie, les tonnes de rochers qui s’abattirent sur eux s’en occupèrent.
La chute de cette simple tour fut accueillie par des hurlements de joie de la part des chevaliers et des soldats des armées ducales.
Lionel GwadParal sourit. À la tête des armées ducales, il se réjouissait de la chute de ce château. Dwizerheim ne serait bientôt plus qu’un souvenir il n’avait pas l’intention de laisser la moindre pierre debout.
Face à la résistance des ducs, Viktor avait fini par perdre patience. Il c’était risquer dans une bataille qu’il pensait gagnée d’avance. Se fut loin d’être le cas et voilà que quatre milles humains : chevaliers, hommes d’armes, archers et mage faisait pleuvoir sur la forteresse des projectiles de tout type et de tout genre.
Les douze ducs et toute leurs armées étaient unis dans un même but. Une même volonté les animait. Tous réclamaient vengeance. Pour leur frère tombé sous les coups des hordes de cadavres, pour leurs familles massacrées sans la moindre pitié pour le simple motif d’être encore en vie. Pour leur roi, ou celui qu’on considérait comme tel. Louis GwadParal, le duc de Matriers, l’homme qui avait mit fin aux guerres ducales et unifié les ducs sous une même bannière afin de contrer Viktor. Le père de Lionel.
Personne dans l’armée ne doutait devoir la vie à Louis GwadParal. Ils allaient faire payer chèrement cette mort.
Lionel ne put s’empêcher de ressentir de la tristesse. Son père c’était battu durant plusieurs mois pour obtenir l’alliance des ducs et tenter d’effacer prêt de cinq cents ans de querelle perpétuelles. Puis il avait passé un peut plus d’une année à préparer la guerre contre Viktor. Et Enfin, une nouvelle année encore à chevaucher en première ligne face aux hordes de cadavres.
Mais voilà, quand la guerre touchait à la fin et que les vampires s’enfuyaient, Louis était mort. Il avait perdu la vie durant l’affrontement qui avait opposé les chevaliers aux légions de cadavres. Celui qui avait entraîné la fin de l’armée de Viktor. Lionel y avait aussi perdu ses deux frères.
Pourtant, alors qu’il s’attendait à se que chacun des ducs rentre chez lui et qu’ils reprennent leurs querelles sans queue ni tête, tous c’étaient prosterné devant lui, promettant de le servir. Il était devenu le nouveau Haut-Duc. Ou plus simplement, roi.
-Pourquoi réduire cette citadelle en cendre, interrogea le duc de Benklys qui se tenait à côté de lui.
Lionel ne répondit pas immédiatement. En fait, il n’y avait pas vraiment réfléchit. Ce choix c’était imposé à lui. Dwizerheim devait être réduit en cendre.
-Voulez vous de cette terre pour y installer vos familles, interrogea Lionel ? Voulez vous de ces longues landes desséchées et stérile où le soleil perce à peine les nuages ?
Le mage regarda autour de lui.
-Honnêtement, non votre majesté.
Un peut plus loin, le duc de Florissant émis soupire qui semblait charger de dédain. Malgré l’alliance, les vieilles querelles étaient toujours vivaces et le duché de Florissant et de Benklys n’avaient jamais été capable de s’apprécier. Même pour se battre contre un ennemi commun. Florissant, le duché des Faneras et des charges héroïques et Benklys, la grande terre des mages étaient trop opposer pour s’entendre.
Louis ignora l’intervention du duc de Florissant.
-Personne ne pourrait vivre ici à l’exception des vampires, expliqua Lionel. Dwizerheim exercerait une pression constante sur la frontière. Je ne peux pas le permettre. De plus, la détruire est un symbole.
Lionel aurait préféré que se ne soit pas le cas. Il aurait tant aimé que Viktor se soit réfugié ici pour pouvoir le tuer et rapporter sa tête à Matriers au bout de sa lance. Se n’était malheureusement pas le cas. Viktor c’était plus enfoncé dans son royaume de Gaste.
Ce territoire étant trop désert et dévasté pour être conquis. Cela entraînerait un étirement dangereux des lignes de ravitaillement. Louis ne pouvait pas prendre ce risque.
-Il faut un symbole de cette victoire afin de marquer les esprits, fit le jeune roi. Mais je vous l’accorde. La décision de réduire ce château en cendre est très politique. J’aurais préféré tuer Viktor, mais cela n’est pas possible.
Un nouveau cri de joie éclata quand une nouvelle partie de la forteresse s’abattit du haut de l’éperon.
Sans le moindre espoir, une troupe de cadavres décharnés sortit de se qui restait de la forteresse. Ces cadavres ambulant constituaient toujours l’essentiel des soldats utiliser par les vampires. Obéissant, silencieux et sans âme, ils étaient des jouets parfait pour qui les maîtrisaient. Les vampires savaient les utiliser à bon escient, les envoyant dans d’interminables vagues d’assaut. Les cadavres étaient peut-être plus lent et possédant moins d’esprit d’initiative que les humains, mais ils avaient pour eux l’avantage de ne jamais être fatiguer. De ne jamais avoir à se reposer ou à dormir et ils étaient toujours largement plus nombreux que les humains qu’il dépassaient par la force du nombre. Mais plus encore que tout les reste : les tuer était extrêmement difficile car il fallait pour cela presque les réduire en pièce. Pourtant ici, ces cadavres ne seraient pas un danger. Car ils étaient beaucoup moins nombreux que les humains.
-Duc Oneab KalonErc’h, l’honneur de la charge est pour vous, fit Lionel.
Le duc de Florissant souris de toutes ses dents.
-Avec plaisir majesté.
Sans plus attendre, le duc coiffa son heaume de bataille et partit au galop en direction des chevaliers qui patientait non loin de là. Les armes de sièges cessèrent de tirer quand les cavaliers l’élancèrent vers l’éperon rocheux.
Culbuté et écraser par les chevaux lancé au galop, les cadavres n’eurent pas la moindre chance. Les chevaliers ne firent que ralentir en les écrasant. Puis, ils passèrent la porte de se qui restait de la citadelle.
Au soir, alors que les armées ducales firent demi-tour pour rentrer chez eux, Dwizerheim n’avait plus rien d’une citadelle.



La Faneras et le collier d’ambre



Chapitre I : Naissance et rencontre

La neige tombait depuis plusieurs heures sans discontinuer. Cette tempête n’était peut être pas la plus forte qu’ait connu le duché, mais elle était arrivée en avance. Toute la campagne qui entourait la ville de Florissant, capitale du duché du même nom, avait recouvert d’un épais manteau de blanc un mois avant la date habituelle. Mais personne ne pensait à s’en plaindre. Dans ce duché du nord, on était heureusement habitué aux rigueurs de l’hiver et au climat capricieux des montagnes. Les habitants étaient prêts à passer la mauvaise saison alors que les arbres se couvraient de rouge et de jaune. Quand les récoltes étaient rentrées et les animaux mis à l’abri, tout était prêt pour accueillir l’hiver et son cortège de glace et de neige. Avant que le premier flocon ne tombe, tout était déjà prêt. Cette année, l’hiver était juste arrivé plutôt que prévu.
C’était un peut ennuyant, mais très loin d’être alarmant ou même inquiétant. Personne ne contrôlait le climat, quoi qu’on en dise, il fallait bien faire avec les caprices de la nature.
Personne n’était vraiment dérangé par l’arrivée précoce des neiges. Juste un rien bousculé. Ce n’était surtout pas les soldats de l’armée ducale qui allaient s’en plaindre. Les barbares nordiques qui traversaient les Pics Blancs quand ceux-ci étaient praticables avaient lancé des raids plus nombreux et plus sanglants que les années passées.
Les Pics Blancs étaient une chaîne montagneuse particulièrement élevées qui barrait tout le nord du royaume du Cygne, constituant ainsi une ligne de défense d’une grande efficacité contre les attaques des guerriers nordiques qui se jetaient sur les terres riches du royaume en quête de pillage et de massacre afin de plaire à leurs dieux.
Beaucoup de soldats étaient morts pour défendre les cols ou dans des affrontements en plaine avec des groupes de pillard. Ces derniers profitaient du fait que le duc et les grands seigneurs soient occupés à maintenir à distance les envahisseurs nordiques pour laisser libre court à leurs envies meurtrières. Ces gens étaient souvent de petit voleurs qui se faisaient entraîner dans des bandes. Mais en franchissant le pas entre voler une bourse à un homme dans un marché et torturer des paysans innocents, ils franchissant une limite qui faisait que se n’était plus aux milices des villes de s’occuper de ces bandes. Mais à l’armée ducale. L’armée ducale était donc confrontée à un double problème. Les guerriers des Terres Gelées attaquaient par le nord et des propres citoyens du royaume menaient des actions de rébellion. Heureusement, le duché avait toujours été confronté à ce type de problème. Il lui avait fallut s’adapter et les vieilles traditions des guerres ducales étaient restées en place.
Tout homme habitant dans le duché devait suivre un entraînement d’un mois dans l’armée durant l’hiver, quand les attaques nordiques étaient rendues impossibles à cause de la neige. En outre, il lui était remis un équipement certes sommaire mais suffisant quand il atteignait l’âge de dix-sept ans. Une épée, un grand bouclier rectangulaire, une courte lance, une cotte de maille et un casque.
L’hiver donnait l’occasion de souffler un peut. Les cols étant impraticables. Les nordiques allaient devoir attendre la fonte des neiges pour reprendre leurs raids meurtriers dans le royaume du Cygne. Personne ne se risquait à s’aventurer dans les Pics Blancs en hiver. Car on ne pouvait pas y survivre bien longtemps. Le froid y était extrême. Les soldats en poste durant l’hiver s’enfermait dans les bastions avec une quantité de bois et de nourriture suffisante pour tenir jusqu’au dégel. C’était seulement ainsi qu’ils parvenaient à tenir dans les Pics au plus fort des tempêtes de neiges. Une troupe en mouvement n’aurait aucune chance. Qu’ils aient été dévorés par des prédateurs ou mort de froid, certains avait tenté cette périlleuse traversée. Aucun n’était jamais revenu. Les soldats qui n’avaient pas reçut la garde des forteresses retournaient dans leurs familles revoir femmes et enfants après de longs mois passés dans l’armée ducale.
Fergys de Vryl venait de rentrer d’une campagne contre une bande de ces maudits pillards.
Avec une quinzaine de villages pillés à leur actif et des centaines d’innocents massacrés. Quand les soldats avaient mis à sac le repère des bandits, tout les pillards n’avaient pas été fait prisonnier lors du court affrontement. Les soldats n’avaient pas hésiter un seul instant à appliquer les sentences ni prit la peine de tenter d’alléger les souffrances de ces bandits. Certains des bandits avaient tenté de se battre. Il n’avait fallut que quelques minutes aux soldats pour les éliminer sans la moindre pitié ou le moindre regret.
Pour les florissank, s’en prendre à des gens désarmé était la pire de lâcheté. Ce genre d’acte n’était pas excusable. Il n’y avait aucune clémence à avoir vis-à-vis de ces gens quand ils essayaient de vous tuer. C’était totalement inutile. Ce caractère froid et austère valait très certainement aux habitants du duché d’être considéré comme des brutes guerrières partout dans le royaume. Mais il ne fallait pas s’y méprendre. Si on ne venait pas à eux les armes à la main, ces hommes froid et discipliné étaient aussi aimables et prévenant que n’importe qui d’autre dans le royaume.
Malgré cette histoire de pillage, Fergys de Vryl était occupé par tout autre chose alors qu’il faisant les cents pas devant la porte de sa chambre. Tout vicomte de Vryl et guerrier réputé dans tout le duché, Fergys ne pouvait s’empêcher d’avoir peur. Pas pour lui, mais pour sa femme dont il entendait les cris de douleur malgré l’épaisseur de la porte.
De nombreuses torches éclairaient le couloir. Pour le chauffage, une cinquantaine de braseros avaient été placé dans toute la demeure. Cela rendait juste l’air frai, mais il faisait toujours un peut froid et humide. Sauf bien sur dans la salle à manger ou se trouvait une grande cheminée, dans la cuisine pour la même raison et bien sur dans la chambre. Fergys c’était assurer qu’il y faisait suffisamment chaud. Il ne voulait pas que son enfant à naître meure d’un mauvais rhume. Trop de nourrissons mourraient tous les ans à cause du froid. Se ne serait pas le cas de celui-ci en tout cas. Fergys s’en était fait le serment il avait fallut insister pour qu’il renonce à placer trois braseros supplémentaire dans la chambre.
Au dehors, le vent hurlait et la couche de neige s’épaississait vite.
Fergys frissonna et resserra son manteau de fourrures autour de lui.
-Tout se passera bien, ne cessait-il de se répéter.
A l’intérieur, sa femme poussait des cris à fendre le cœur. L’accouchement ne semblait pas très bien se passer, mais aucune des servantes qui avaient fait le trajet entre la chambre et le couloir où Fergys tournait en rond ne lui avait dit quoi que ce soit, mis à part : « Je n’ai pas le temps, maître. Il nous faut des serviettes et de l’eau chaude. »
Fergys dirigeait une petite province sous la tutelle du duc de Florissant qui lui offrait le titre un peut trop pompeux à son goût de vicomte de Vryl. Il assistait à une grandiose parade de clôture d’un tournoi dans la loge ducale quand un cavalier était venu l’avertir que sa femme était en train d’accoucher. S’excusant auprès de son suzerain, il avait quitté sa place et, accompagné d’une escorte de huit hommes, quitter le lieu du tournois aussi vite que le lui permettait la bienséance. A l’instant même où il était hors de vue, il avait piqué des deux sa monture pour rejoindre son hôtel situé à une demi-lieue de Florissant.
Sa femme poussa un nouveau cri, plus déchirant que les précédents. Fergys sentit son estomac se retourner. Lui qui avait à tant de reprises montrer sa bravoure ne se sentait ni la force ni le courage de faire face à se qui se déroulait dans la chambre.
Il ne s’en sentait pas la force ni le courage.
Finalement, il perçut un autre cri. Peut être plus aigu que le précédent. En tout cas, ce n’était pas sa femme cette fois-ci. Non, se n’était pas d’elle il en avait la certitude.
Il se passa plusieurs minutes durant lesquelles il n’entendit que ce tout petit cri qui perçait le silence. Fergys était aussi tendu qu’un arc, prêt à fondre dans la chambre à l’instant même où la porte s’ouvrirait. Les minutes s’écoulaient si lentement qu’il eu l’impression qu’il allait mourir de vieillesse avant qu’on ne le laisse rentrer dans cette chambre.
Finalement, une servante vint lui ouvrir et il se précipita à l’intérieur comme si sa vie en dépendait.
Quand Iolana le vit, elle lui adressa un sourire. La jeune femme était épuisée. Il lui avait fallu tant de temps pour mettre au monde cet enfant qu’elle avait cru à un moment ne jamais y parvenir. Mais elle ne regrettait rien. Même si ses bras semblaient peser une tonne, qu’elle avait une effroyable envie de dormir et que se redresser sur le lit n’était même pas du domaine de l’envisageable, Iolana ne pouvait pas détacher les yeux du nourrisson emmailloté blotti contre sa poitrine.
Le jeune seigneur s’approcha du lit et s’agenouilla pour être à la hauteur de sa femme. Il ne quittait pas le bébé des yeux.
-C’est une fille, fini-t-elle par murmurer. Ta fille. Auréane.
Incapable de dire quoi que ce soit, Fergys caressa doucement de ses gros doigts le visage de cette petite fille, n’arrivant toujours pas à mesurer toute l’ampleur de la situation. Iolana lui avait dit depuis longtemps qu’elle était enceinte. Huit mois et treize jours pour être exact. Mais même s’il avait eu un an pour se préparer, Fergys n’aurait pas agit autrement.
Fugacement, il se demanda si son propre père avait ressenti cette même impression de fierté à sa naissance.
-Auréane de Vryl, murmura-t-il. Louée soit la Dame.

* * *

Frère Anselm n’était pas le genre d’homme à déroger à ses habitudes. Il était même particulièrement têtu. Qui pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, tous les matins, il quittait le cloître pendant trois heures juste après le lever du soleil. Le temps d’une promenade en forêt, il s’efforçait de ne plus penser à cette vie de recueillement qu’il menait.
Pour un ancien sergent des armées ducales, la vie dans le cloître était terriblement ennuyeuse. Il n’avait pourtant jamais songé à la quitter et après quarante années d’études assidues de divers manuscrit, il n’y avait de toute façon rien à attendre du monde extérieur.
Anselm marchait à pas rapide, se remémorant les souvenirs de sa jeunesse quand son dos ne le faisait pas encore souffrir le martyr à chaque fois qu’il voilait se lever.
Les longues heures passées à tenter d’entraîner le petit groupe dont on lui avait donné la charge. Au début, ils n’étaient que de simples paysans ou des hommes voulant s’assurer un revenu fixe, mais au fil du temps, ils étaient devenus des soldats. Pourtant, quand le moment était venu de partir au combat, quand il avait fallut monter à l’assaut d’une colline où s’étaient regroupé des barbares nordiques, cela avait été autre chose. Aucun entraînement ne pouvait préparer à cela. Anselm avait été le seul survivant de la première vague d’assaut. Les autres étaient morts.
C’est à ce moment qu’il avait prit la décision de quitter l’armée et de rentrer dans un cloître. Il avait vu trop d’horreur et de morts pour continuer à mener cette vie.
-Pitié.
Anselm regarda tout autour de lui. Il ne vit personne. Mais y avait-il vraiment quelqu’un ? Il n’en était pas certains lui-même. Ce mot avait été comme un souffle, comme un murmure. Peut être l’avait-il simplement inventé. Peut-être était-ce le vent.
-Pitié.
Cette fois, se n’était pas le vent. Cette fois, quelqu’un l’appelait à l’aide.
En regardant plus attentivement, il fini par la voir.
C’était une femme, une toute jeune femme qui ne devait pas avoir bien plus de dix-sept ans. Elle était étendue dans la neige, incapable de bouger. Haletante et fébrile, elle semblait sur le poing de mourir.
Anselm s’approcha d’elle. La première chose qu’il remarqua était qu’elle devait être la plus belle femme qu’il est jamais vu. Ses longs cheveux noirs et lustré étaient encore coiffé avec élégance malgré la fait qu’elle avait très certainement courut des heures avant de s’effondrer de fatigue. Le bas de sa robe était en partie déchiqueté et pleine de boue. La crasse qui la recouvrait ne retirait rien à son teint de neige, ses lèvres rouge et pleine et à ses yeux d’un bleu incroyable, semblables à deux saphirs.
La seconde chose était une horrible blessure à son épaule. La peau et les muscles avaient été déchirés comme si elle avait été attaquée par un loup qui c’était acharné sur elle. Le sang avait cessé de couler depuis plusieurs jours déjà, mais la plaie était très loin d’être belle à voir et l’ancien soldat sut immédiatement qu’elle s’était infectée et que tous les remèdes du monde ne pourraient rien pour cette belle inconnue. Elle allait mourir. Et cela dans très peut de temps.
-Je vais vous conduire au cloître, dit-il malgré tout.
Si il ne pouvait rien faire pour elle, il voulait au moins qu’elle ne meure pas seule et s’assurer qu’il aurait fait tout se qui était humainement possible pour la sauver. C’était parfaitement égoïste, mais il ne voulait pas avoir ce doute sur la conscience.
Il allait la prendre pour la soulever aussi délicatement que possible, mais elle se mit à remuer.
-Non, non, non, répétait-elle sans arrêt.
Comprenant qu’il n’y arriverait jamais, Anselm abandonna son idée.
-Je vais mourir…bientôt. Les vampires…, murmura-t-elle.
Les vampires ? Qu’est-ce qu’ils avaient à voir là dedans ? On était bien trop loin dans les terres du royaume pour rencontrer de pareilles créature. A Winschesberg peut-être. Mais pas à Florissant. Ils vivaient beaucoup plus loin dans l’est. D’autant plus que les buveurs de sang n’étaient pas les bienvenus dans le royaume. Qu’est-ce que cette femme voulait dire ?
D’une main, elle lui désigna un petit paquet et tissus et lui fit signe de le prendre.
Plus intriguer que jamais, Anselm le souleva et manqua de le lâcher quand le paquet se mit à bouger. Passé l’instant de surprise, il comprit sa méprise. Se n’était pas qu’un vulgaire paquet, mais un tout jeune enfant. Il devait avoir un peut plus d’un an et dormait tranquillement, enroulé dans la couverture.
La jeune femme agrippa une jambe du vieil homme à deux mains comme si sa vie dépendait du fait qu’elle la tenait fermement.
-Nicolaï, dit-elle. Protégez-le. Proté…
La fin de sa phrase mourut sur ses lèvres. Sa tête s’affaissa dans la neige et elle ne bougea plus.
Anselm se baissa pour voir si elle ne c’était pas simplement évanouit ou endormie, mais il savait déjà que se n’était pas le cas. Une rapide prise de pouls lui apprit se dont il se doutait déjà.
Elle était morte.




Chapitre II : Le tournois d’Estaroth

Nicolaï ouvrait bien grand les yeux et les oreilles. Il n’avait pas souvent été autorisé à sortir de l’enceinte du cloître, mais là, c’était tout autre chose. A trois lieues à peine de l’enceinte si hermétique se tenait un grand rassemblement. Les Frères avaient prit la décision d’emmener avec eux tous les jeunes disciples. Nicolaï en faisait partit.
C’était une grande fête comme on pouvait l’imaginer. Un des évènements les plus importants de l’année pour les florissank. En fait, c’était le plus grand tournoi organisé tout les ans par le duc. Si on voulait voir un rassemblement de chevalier plus important, il fallait attendre les tournois royaux. Mais personne ne se serait risquer à mettre en doute l’importance du tournoi d’Estaroth. Même le roi faisait certaines années le déplacement pour y assister. C’est pour dire.
Des chevaliers venaient de tous les duchés du royaume du Cygne pour participer ou assister à ce tournoi.
Dans le duché, ce jour était particulièrement important car il commémorait la victoire d’Estaroth, le premier duc de Florissant contre le terrifiant dragon Aronwaskar qui régnait jusqu’alors en despote absolu sur ces terres.
-Nicolaï, vas-tu finir par regarder devant toi au lieu d’avoir toujours le nez en l’air ?
-Désolé Frère Anselme, fit le jeune homme avec précipitation au moment ou il se rendait compte qu’il commençait à s’éloigner du groupe des novices.
-La Fillette rêvasse toujours autant, fit l’un des enfants du groupe.
La plupart pouffèrent de rire, mais quand leurs yeux croisèrent le regard glacial de Nicolaï, les rires se firent plus discret. L’un d’eux pourtant ne se démonta pas. C’était le plus âgé de la bande. Il devait très certainement avoir deux ans de plus que Nicolaï et déjà, il était suffisamment gros pour qu’on face rentrer deux comme l’enfant dans sa bure de novice.
Depuis que Nicolaï était entrer, porter par Frère Anselme alors qu’il n’était qu’un bébé dans l’enceinte du cloître, il c’était attirer les foudres de certains des Frères, persuader que les vampires avaient quelque chose à voir avec lui. Après tout, sa mère mourante les avait bien mentionnés. Et elle avait été mordue par une créature qui ressemblait à un chien mais dont la dentition avait pourtant quelque chose d’humain. Une seule explication à cela : Vampire.
Les temps étaient plutôt durs pour Nicolaï. A plusieurs reprises il avait sérieusement envisagé de quitter le cloître. La vie de prière, de recueillement et de dévotion n’était pas faite pour lui. Ses professeurs commençaient à s’en rendre compte. Rien ne pouvait le faire tenir en place et lui faire apprendre une leçon s’il n’avait pas décidé de le faire.
Mais cela n’était rien comparé aux brimades des autres novices. La Fillette. Voilà comment ils l’avaient surnommé. La Fillette. C’était infamant. Ce surnom lui collait à la peau comme de la poix. C’était toujours : « La Fillette ceci, la Fillette cela. » Aucun des novices ne l’appelait par son vrai nom. Mais en même temps, c’est vrai que si on y regardait d’un peut trop loin, avec ses cheveux noirs qu’il portait un peut trop long au goût des Frères son visage bien proportionner et ses grands yeux gris, c’est vrai que certains le prenaient parfois pour une fille.
-Parfais, fini par déclarer Frère Anselme. Installez donc notre étal. J’ai une affaire à régler de manière urgente. Nicolaï tu viens avec moi.
Le garçon allait protester quand il vit la lueur qui brillait dans les yeux de Frère Anselme. Ce n’était pas une proposition qu’il venait de lui donner. C’était un ordre et il avait plutôt intérêt à obéir. Quand Anselme avait ce genre de lueur dans le regard, cela laissait présager d’un sermon et en général, une punition venait ensuite. La punition était, comme toutes les punitions, bête et méchante. En général, corvée de latrines pendant une durée plus ou moins longue, corvée de cuisine ou de vaisselle. Pour Nicolaï, Anselme en avait instauré une toute particulière et rien que pour lui. Le jeune garçon devait rester tranquillement assis sur sa chaise à s’efforcer de comprendre un texte ancien et la plupart du temps, rédigé en Tiléen. Un véritable supplice.
-Cette fois-ci, je n’es rien fait, se plaignit Nicolaï alors qu’Anselme l’entraînait vers le vaste champ de tente où les chevaliers c’étaient installés.
La crainte de la punition lui avait fait oublier où il se trouvait. L’excitation de se trouver dans le grand tournois du duché était définitivement tombée et il ne remarquait même pas ce qui l’aurait tant émerveillé en temps normal : écuyers en livré, armuriers, magasiniers, cuisiniers, artistes itinérants, compteur, pèlerin, belle dames et tous ces choses qui créaient pendant trois jours dans ce champ sans grand intérêt tout un tourbillon de couleurs et d’odeurs.
-Je sais que tu n’as rien fait, dit Frère Anselme en s’arrêtant devant une tente.
Il s’agenouilla pour se mettre à hauteur des yeux de Nicolaï.
-Ecoute-moi bien car aujourd’hui sera sûrement le jour le plus important de ta vie tu m’entends ? Tu n’aimes pas le Cloître.
Nicolaï secoua vigoureusement la tête. Même si ce que disait Frère Anselme était une affirmation, il se sentait obligé de confirmer. Il n’aimait vraiment pas le cloître.
Anselme remit nerveusement en place ses vêtements, même s’il n’y avait rien à faire et tenta de vaguement coiffer les cheveux indisciplinés de son petit protégé avec les doigts. Malheureusement, cela ne servait strictement à rien car Nicolaï était toujours aussi décoiffé. Ce n’est qu’à ce moment que le garçon se rendit compte à quel poing Anselme était vieux.
-Il va m’arriver quelque chose de grave ? Vous allez mourir ?
Anselme soupira.
-Non, mais je pense que tu ne resteras plus longtemps au cloître. Il y a un homme important qui m’a contacté. Il savait que nous élevions des enfants et souhaitait en adopter un. Il m’a demandé qui je préconisais et j’ai pensé à toi.
Anselme se redressa et repris sa marche, Nicolaï trottant derrière lui. Anselme passa devant de nombreuses tentes bariolées dans leur porter la moindre attention.
Nicolaï n’avait rien écouté au-delà de la première phrase. Quitter le cloître. Quitter les Frères, ne plus être insulté et rabaisser jours et nuits pas les autres novices. Il en avait tant rêvé qu’il n’imaginait même plus que cela puisse vraiment arriver un jour.
Mais c’est seulement à ce moment que son esprit d’enfant comprit qu’il y avait un prix à payer pour cela et que c’était terrible.
-Mais je vous verrais plus alors.
Anselme s’arrêta net et baissa la tête vers lui.
-Non, c’est vrai. Mais tu sais, je deviens vieux et le temps sera bientôt venu pour moi de quitter cette terre pour me rendre Ailleurs. J’avais promis à ta mère de veiller sur toi. Mais je ne vais bientôt plus pouvoir le faire. La personne à la quel je vais te confier prendra soin de toi.
Nicolaï hocha la tête mais sentit un peut les larmes lui monter aux yeux. C’était trop triste. Il ne voulait pas quitter Anselme.
Au final, ils entrèrent tous les deux dans l’une des plus grande tente. Elle était aussi blanche que la neige et Nicolaï se demanda un instant à qui elle pouvait bien appartenir. Les deux hommes en armures blanches qui montaient la garde paraissaient être deux statues de marbre. Leurs yeux ne bougèrent même pas quand ils entrèrent, mais cela ne fit aucun doute qu’ils avaient assimilé leurs présences.
L’intérieure était assez spartiate, mais il s’agissait d’une simple tente de campagne. Il ne fallait pas s’attendre à un palais. Un lit et un trône de bois massif y étaient installés ainsi qu’une table et quelques chaises.
Plusieurs hommes se tenaient penché au-dessus de la table et se redressèrent à leur entrer.
-Vous devez être Frère Anselme, dit l’un d’eux en détaillant la robe grise et sans décorations du religieux.
-Oui.
La réponse laconique sembla pleinement satisfaire l’homme qui posa alors les yeux sur Nicolaï.
Cacher derrière Anselme, il tentait de se faire oublier, mais visiblement, c’était sans compter le fait que si Frère Anselme était venu ici, c’était pour lui. Il se décida de sortir de derrière le dos du Frère et toisa à son tour l’homme qui semblait être le chef.
Un soldat à n’en pas douter. Un noble. Certainement très puissant pour avoir une telle tente et un emplacement si proche de celle du roi. Il ne portait pas de barbe, mais une moustache finement taillée et légèrement grisonnante recouvrait l’espace entre son nez et sa bouche et s’étendait d’un coin à l’autre de cette dernière. Il avait les yeux les plus bleus que Nicolaï est jamais vu. Mais le garçon nota d’autres détailles au combien important. La façon dont il se tenait laissait penser qu’il avait été un grand cavalier. Les cals sur ses mains montraient que la longue épée qu’il portait à la ceinture n’était pas un jouet et qu’il savait très bien s’en servir. Malgré les rides sur son visage, on voyait très nettement plusieurs fines cicatrices. Ce n’était pas le genre de chose qu’on récoltait en restant à l’arrière. Cet homme était un héros et Nicolaï se sentit encore plus petit qu’il ne l’était.
Quelque chose le dérangeait pourtant dans la façon dont cet homme le regardait. Il répliqua donc avec une certaine effronterie. Le chevalier le fixait, parfait, il allait faire pareil.
Les yeux d’aciers de Nicolaï se rivèrent dans ceux bleus profond de l’homme.
Anselme allait intervenir, mais l’autre l’interrompit d’un geste avant qu’il est pu dire quoi que se soit et sans avoir détourner le regard.
Plusieurs longues minutes s’écoulèrent sans que rien ne vienne les déranger. Pour finir, se fut l’un des autres chevaliers présents qui les força à arrêter ce défi silencieux en allant se poster entre eux.
-Mon vieil ami, il vaut mieux nous arrêter car si, comme je le pense, il a le même tempérament que toi, vous allez tous les deux mourir de faim avant d’avoir céder.
L’homme aux yeux bleu sourit.
-Tu as complètement raison Fergys. Je me comporte un peut comme un enfant. Frère Anselme, je ne voudrais pas vous forcer à vous séparer de ce jeune homme. Vous n’êtes en rien tenu de faire ce que vous avez proposé.
Frère Anselme croisa les bras sur son torse.
-Absolument monseigneur. Je n’y suis pas du tout obliger. Je pense pourtant que Nicolaï a un potentiel important et qu’il ne pourra qu’apporter un peut de gaieté dans votre demeure. De plus, vous connaissez mon talent pour jauger les hommes. Nicolaï n’a rien à faire dans un cloître. Je suis catégorique.
L’homme s’approcha alors de Nicolaï et, comme Anselme l’avait fait, il s’accroupit pour arriver à la hauteur de Nicolaï. Là, il le regarda à nouveau droit dans les yeux. Soudain, il poussa un cri de guerre absolument terrifiant. Surpris, Nicolaï sursauta et fut à deux doigts de s’enfuir de la tente en courant. Rassemblant ce qu’il avait de courage, il fit face au chevalier et hurla lui aussi un cri de guerre aussi fort que le lui permettait ses petits poumons.
Finalement, ils s’arrêtèrent tous les deux et le chevalier s’approcha plus encore de lui. Essoufflé, Nicolaï ne savait pas s’il avait vraiment eu une bonne idée de crier. Il risquait de ne pas avoir assez de souffle pour s’enfuir à toute jambe.
-Tu as peur de moi ?
-Oui.
Nicolaï avait répondu du tac au tac sans même y réfléchir. Cette réponse avait été toute naturelle et parfaitement véridique. Il avait très peur.
-Alors pourquoi reste-tu planté là ?
-Parce que si je ne maîtrise pas ma peur, elle me dévorera complètement.
Le chevalier lissa l’extrémité de sa moustache entre ses doigts. Il réfléchissait à quelque chose qui visiblement était pour lui un véritable dilemme.
-Après tout, pourquoi pas, murmura-t-il pour lui-même.
Il se redressa soudain de toute sa taille. Une fois de plus, ce changement brutal chez cet homme manqua de faire sortir Nicolaï en courant. Décidément, il était complètement fou.
-Fergys, trouve-lui une livré à sa taille et emmène le dans le petit pré. Je veux savoir comment il se bat. Frère Anselme, venez avec moi résoudre les derniers détails de l’adoption. Quant à toi petit, tu es désormais mon fils adoptif. Bienvenu par mis les KalonErc’h.
Nicolaï tiqua alors enfin. KalonErc’h. Cela expliquait les armoiries blanches. Cet homme qui venait de prendre la décision de l’adopter n’était pas n’importe qui. C’était Gwutha KalonErc’h. Le duc de Florissant.

* * *

Le petit pré était comme son nom ne l’indique pas, tout sauf petit.
Il était dresser juste à côté de la grande lice où demains les plus grands chevaliers de tout le royaume allaient s’affronter dans des joutes, mais aussi des combats à l’épée, des tours d’adresse afin de montrer leurs exploits et tenter de gagner les récompenses promises aux champions.
Le petit pré était réservé aux enfants, fils de noble ou de bourgeois, ils s’y entraînaient au maniement des armes quand ils étaient encore trop jeunes pour revendiquer le rang d’écuyer. En fait, l’entraînement avait pour objectif leur victoire au tournoi du lendemain car en même temps que les adultes joutaient, un tournoi était organisé pour les enfants de nobles. Les disciplines étaient à peut près les mêmes que pour les adultes, mais les plus dangereuses était supprimée et quoi qu’il se passe, les armes étaient toujours en bois.
-Bon, fit Fergys en fixant un petit bouclier rond sur le bras de Nicolaï. Il semblerait que Gwutha t’aime bien. Mais il faut savoir ce que tu vaux en temps que combattant.
Nicolaï était un peut perdu. Tout allait beaucoup trop vite à son goût. Une heure plus tôt, il arrivait sur le lieu du tournoi et voilà que maintenant il était revêtu d’une chemise matelassée, par-dessus la quel on lui avait fait enfiler une jolie tunique blanche au grand dragon azur de Florissant. Une épée de bois était accrochée à une ceinture et pendait à sa taille et voilà qu’on lui donnait un bouclier.
-Je n’aime pas me battre, fit-il.
Fergys eu un moment d’arrêt et se tourna vers Nicolaï. Il s’assit à coté de l’enfant et regarda en direction de la lice.
-Tu sais, j’ai une fille et un fils. Ils ne son pas là, mais je peux t’assurer que chaque instant j’ai peur pour eux, commença Fergys.
-Il va leur arriver quelque chose ?
Fergys eu un sourire.
-Non, je n’espère pas. Mais tu vois, notre monde est violent et dangereux. Il y a les nordiques, les ogres, les pillards, les vampires, les pirates et beaucoup d’autre chose encore. C’est pour cela que je fais ce que je fais. Je suis un guerrier et c’est comme ça. Je les protège en empêchant les autres de leur faire du mal. Tu comprends ?
Nicolaï hocha la tête. C’est vrai qu’il y avait beaucoup de choses effrayantes dans ce monde.
-Toi aussi tu as sûrement des gens que tu veux protéger. Frère Anselme et les autres novices par exemple.
-Oui, je ne veux pas qu’il arrive quelque chose à Frère Anselme, répondit-il vivement.
-Alors voilà. Gwutha va t’aider. Il va t’apprendre à faire tout ce qu’il faut pour protéger les autres. Mais parfois pour protéger ceux qu’on aime, il faut se battre. C’est pour cela que tu es ici. Il faut que je sache le chemin qu’il te reste à parcourir avant de savoir bien te battre.
Nicolaï hocha la tête et tira sa petite épée en bois d’un air décider. Il allait faire tout ce qu’il pouvait et comme ça, personne ne ferait de mal aux Frères. Il se baissa pour passer sous la barrière et entrer dans le petit pré quand Fergys l’arrêta, le retenant par le bras.
-Attend un peut grand champion, tu oublis ton casque, fit-il avec un grand sourire.
Le casque ajusté sur sa tête, Nicolaï s’avança dans le petit pré. Fergys héla un autre garçon qui arriva vers Nicolaï d’une démarche nonchalante avec une petite troupe collée à ses baskets.
-Arzhul, j’ai quelqu’un que je voudrais que tu affrontes. Tu veux bien me rendre ce petit service ?
Le jeune homme hocha la tête et son regard se porta sur Nicolaï.
-Lui ?
Fergys hochas la tête.
-Tu sais ce qu’il te reste à faire. N’y vas pas trop fort non plus. Je veux juste voir de quoi il est capable.
Nicolaï était toujours aussi sur de lui. Sûrement l’était-il trop car le premier coup d’épée de son adversaire le désarma, envoyant son épée de bois dans le sol boueux. L’air dépité de Nicolaï déclencha quelques rires parmi les enfants qui observaient la scène et ceux qui avaient suivi Arzhul.
-Vas la rechercher, ordonna le jeune homme à Nicolaï en désignant l’arme de bois d’un signe de tête.
Nicolaï s’exécuta et se remit en garde.
Le second assaut fut plus long, mais au bout de trente secondes, Nicolaï s’écrasa dans la boue. Dégoulinant et à moitié sonner par un coup à la tête, il pataugeait un peut. Le bouclier et l’épée qu’il refusait obstinément de lâcher l’encombraient trop.
-C’est qui celui-là, fit Arzhul avec un dégoût non dissimuler dans la voie.
Fergys n’allait pas intervenir. Il voulait voir ce que Nicolaï valait vraiment. Pour cela, le caractère provocateur et blessant d’Arzhul était ce qu’il y avait de mieux. Il fallait le pousser dans ses derniers retranchements. Là il saurait ce qu’il voudrait sur le protéger de Gwutha.
Nicolaï, essouffler et en nage sous sa tunique matelassée avait finalement réussit à se remettre à genoux.
Arzhul le renvoya mordre la poussière d’un coup de pied dans la poitrine.
Nicolaï gisait immobile au sol. Le souffle haletant, il tentait de se redresser, d’avoir l’air moins pitoyable, mais c’était quelque chose de plutôt difficile. Il n’entendait pas Arzhul qui paradait autour de lui en prenant des postures guerrières ni les autres enfants autour de lui qui se moquaient. Son esprit était envahit d’une sorte de brume qui l’isolait complètement du monde extérieur.
D’un geste bien plus vif que se dont il se croyait capable, Nicolaï se débarrassa de son bouclier et dans le même élan se remit debout.
Arzhul était prêt à se battre à nouveau, un sourire sadique coller sur le visage.
Nicolaï lui jeta un coup d’œil, puis regarda le bouclier rond qui gisait dans la boue et il tourna le do à son adversaire.
-Qu’est-ce que tu fais, cria Arzhul en colère. Revient ici.
Nicolaï ne l’écoutait pas. Il se débarrassa négligemment du casque qui lui couvrait la tête et le laissa tomber au sol en continuant à avancer vers l’extrémité du petit pré.
Fergys regardait la scène avec un certain étonnement. Qu’est-ce qu’il était en train de faire ?
-Revient ici, cria Arzhul.
Les jeunes combattants qui n’avaient pas encore cessé leur entraînement s’arrêtèrent pour observer la scène qui était en train de se passer.
Nicolaï ne semblait pas aller très bien. Il titubait légèrement de temps à autres et fixait le sol. Fergys commença à être un petit peut inquiet. Arzhul y était tout de même aller très fort. Pourtant, Nicolaï ne semblait pas blesser. Il avait juste la tête de quelqu’un qui s’apprête à rendre son dernier repas.
Au comble de l’énervement, Arzhul attrapas une grosse motte de terre et la jeta au garçon.
La terre grasse et labourer par les enfants du petit pré atteignit sa cible et se répandit en dégoulinant dans les cheveux de Nicolaï.
-Revient ici, ordonna Arzhul.
Nicolaï leva un instant les yeux vers Fergys, la seule personne qu’il connaissait et qui aurait put l’aider. Celui-ci ne faisait rien.
En revanche, ce n’était pas le cas des autres enfants qui, comprenant la situation avaient commencé à délimiter autour de Nicolaï et Arzhul un grand cercle de manière à empêcher le garçon de quitter le combat comme cela avait visiblement été son intention.
De son coté, Fergys jubilait. Nicolaï était à présent bloqué. Il ne pouvait pas faire autrement que de se battre.
Sans se presser, il alla donc récupérer son casque et son bouclier. Résigner, il passa le bouclier rond à son bras et enfonça le casque sur sa tête.
Un silence de mort régnait sur le petit pré et plusieurs chevaliers c’étaient même approcher pour voir ce qui se passait. Le spectacle avait même attiré quatre mages dont les longues robes bleues signalaient leur allégeance à la magie de l’Ordre. Le père d’Arzhul, Dragosh, paradait comme un coq, sur que son fils allait bientôt remporter définitivement le combat contre Nicolaï. Il faut dire qu’au vu du premier échange, ce dernier n’était pas du tout donner favori dans les quelques petits paris des seigneurs.
Arzhul n’attendit pas très longtemps. A l’instant ou Nicolaï c’était ré équiper, il bondit sur lui, abattant son épée de bois de toute sa force en direction de la tête de Nicolaï…qui fut beaucoup trop lent à réagir.
Pour la troisième fois, Nicolaï alla mordre la poussière et s’étala de tout son long, son casque arraché de sa tête par la force du coup et à moitié sonné, un brouillard rouge devant les yeux. Autour de lui, les autres enfants se moquaient et Arzhul paradait. En fin de compte, il n’était pas très différent des novices du cloître. Il prenait lui aussi plaisir à humilier et rabaisser tous ceux qu’il pouvait. Il n’avait pas la moindre pitié pour qui que se soit et faisait toujours tout pour humilier ceux qu’il considérait comme lui étant inférieurs. C'est-à-dire tout le monde en fait.
Nicolaï en eu assez. Assez de ces traitements qu’on infligeait à ceux qui étaient moins fort, assez d’insulte, assez de prétention. Quelque chose de froid se glissa en lui. Une envie irrépressible. Il allait faire couler le sang. Celui d’Arzhul. En un seul instant, il sut comment il allait faire.
D’un coup, c’était comme si un pant de son esprit c’était déchiré. Parades, bottes, attaques, il savait comment se battre et comment gagner sans la moindre difficulté, comme si les connaissances en escrime acquise par des centaines d’année d’entraînement venaient de lui être transmise d’un seul coup.
-Je pense que…
Fergys n’eut pas le temps de finir sa phrase.
Nicolaï était debout, solidement camper sur ses pieds, bouclier dans une main, épée dans l’autre, défiant Arzhul du regard sans même avoir prêter la moindre attention à son casque.
-Tu veux continuer à ce que je vois. Au moins tu es plutôt coriace faute d’avoir d’autre qualité, ironisa le jeune noble.
Comme les fois précédente, Arzhul attaqua.
Un coup. Un coup puissant, dévastateur ou il avait mi toute sa force.
Mais cette fois, se fut différent.
Nicolaï agit avec une rapidité surnaturelle.
Passant sous la garde d’Arzhul, il lui porta un coup dans l’estomac. Souffle coupé et entraîner par son élan, il fut incapable d’éviter la chute.
Puis se fut la curé. Les trois plus fidèles partisans d’Arzhul avançaient vers Nicolaï, épée au poing.
A trois il pensait sûrement avoir une chance, mais se ne fut pas le cas.
L’épée de bois de Nicolaï frappait toujours à l’endroit juste, le bouclier était toujours à l’endroit ou il fallait. Les coups pleuvaient, mais rien ne parvenait à entamer la défense de Nicolaï. Un coup porter dans le dos ne le surprenait jamais et était toujours dévier au bon moment.
Soudain, plantant un genou à terre, Nicolaï se servit de son bouclier comme d’une faux, frappant les jambes de ses adversaires et les faisant culbuter.
Il se redressa, droit et fier, regarda un instant les quatre enfants qui gisaient à ses pieds, gémissant qu’ils c’étaient fait mal. Il ne mit pas longtemps à repérer celui qui avait canalisé toute sa rage.
Arzhul avait été une fois de plus été renvoyé au sol. Le jeune noble se mit à ramper au sol en pleurnichant quand il vit Nicolaï s’approcher de lui, l’épée en main.
Sa tentative de fuite se révéla inutile. Nicolaï lui écrasa un pied pour le forcer à rester en place et il leva son épée pour l’abattre sur la tête d’Arzhul.
-Nicolaï stop, hurla Fergys.
Le garçon s’immobilisa en plein élan et demeura figé devant le visage en larme d’Arzhul qui le suppliait.
-Nicolaï, pose ton arme, le combat est terminer, ordonna Fergys plus calme cette fois.
Mais le jeune homme ne bougea pas d’un pouce, restant dans cette position.
-Je crois…je crois qu’il ne…va pas bien, fit Arzhul qui c’était arrêter de pleurer.
En effet, depuis là où il se trouvait, il était le seul à voir les trait contracter et le teint maladif de Nicolaï.
Comme pour lui donner raison, le garçon se redressa, resta quelques secondes dans une sorte de garde à vous.
Les quatre magiciens franchirent la barrière en sautant par-dessus.
-Eloignez-vous de lui, hurla l’un d’entre eux en voulant disperser les enfants de grand geste. Sortez du petit pré, éloignez-vous.
Avant que cette consigne ne soit bien comprise par tous, Nicolaï se raidit un peut plus et tomba en arrière aussi raide qu’une planche. Heureusement pour lui que le sol était meuble. Mais cela ne changeait pas grand-chose car dans l’immédiat, il avait perdu conscience.
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Nicolaï KalonErc'h

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MessageSujet: Re: LameNeige   Lun 11 Jan - 11:31

Suite des aventures de Nicolaï.
Merci de laisser vos commentaires.


Nicolaï était perclus de douleurs.
Il avait mal partout et même à des muscles qu’il ne connaissait pas encore.
Trois personnes étaient en train de parler prêt de lui.
Cela faisait bien longtemps que le garçon avait comprit qu’on pouvait savoir beaucoup plus de choses en se faisant oublier. Les adultes parlaient de façon beaucoup plus libre quand ils ignoraient qu’un enfant les écoutait. Cela permettait en général d’apprendre plein de choses.
-Bon, je ne comprends rien, fit la voie de Fergys.
-C’est pourtant simple. Il y a quelques choses qui s’en est prit à lui.
Nicolaï ne connaissait pas cette voie. C’était une femme et elle semblait très bien savoir de quoi elle était en train de parler. Cela lui suffisait pour le moment.
-Personne ne s’en est prit à lui à l’exception d’Arzhul, mais c’est moi qui le lui avais demandé, rétorqua Fergys.
La femme soupira.
-Vous autres chevaliers de Florissant n’êtes pas très malin quand vous vous y mettez. Se n’est pas à son corps qu’on s’en est prit mais à son…
Il y eu un moment de silence.
-A qu…
-Il c’est réveillé, fit la femme.
Dans un bel ensemble, Gwutha et Fergys se tournèrent vers Nicolaï.
Le garçon se redressa légèrement sur sa couche faisant semblant avec une mimique convaincante qu’il venait de se réveiller et avait mal partout. Ce dernier détail ne fut pas particulièrement compliqué à obtenir.
Dans un grand froissement de tissus, une femme vêtue d’une robe de mage contourna le petit lit de camps sur lequel on l’avait installé pour s’agenouiller à coter de lui.
-Ne bouge pas, lui murmura-t-elle.
Délicatement, elle passa ses longs doigts fins sur le front de Nicolaï.
-As-tu mal à la tête ?
Le garçon opina du chef.
Les doigts de la magicienne se mirent à lui masser doucement le front. Elle semblait très concentrée.
-Cela t’est déjà arriver de ressentir que quelqu’un dirigeait tes actes ou t’espionnait ?
Nicolaï secoua à nouveau la tête pour expliquer que non. Cela ne lui était encore jamais arrivé et il trouvait cette idée particulièrement déplaisante.
Pour être honnête, les doigts de la magicienne sur son front lui faisaient du bien, allégeant son mal de tête et le détendant petit à petit. Nicolaï fini par avoir l’impression qu’il était allonger sur un nuage et non sur un lit de camps tout raide et assez peut confortable.
Pourtant, d’un coup, la femme s’arrêta et se redressa.
-Il n’a pas la moindre trace d’une emprise mentale, finit-elle par déclarer.
Nicolaï haussa les sourcils. Elle avait donc essayé de lire dans ses pensées. Il avait beau savoir que les mages de l’Ordre avaient pour spécialité la manipulation de l’esprit sous toutes ses formes, cela faisait quand même quelque chose d’étrange quand on le testait sur vous.
-C’est bon signe, interrogea Gwutha ?
Elle ne répondit pas, se contentant de fixer Nicolaï.
-Non. Bien au contraire. Je suis très bonne dans mon domaine, mais si je n’est trouver aucune trace, c’est soit parce qu’il c’est passer quelque chose dans son esprit au moment du combat, soit parce que celui qui s’en est prit à Nicolaï est suffisamment puissant pour couvrir ses traces. Dans tous les cas, nous ne sommes guères plus avancer que tout à l’heure.
Gwutha soupira.
Les ducs de Florissant n’avaient jamais été des gens aptes à pratiquer la magie. On pouvait remonter jusqu’à la nuit des temps, mais il était impossible de trouver un membre de sa famille ayant ne serais-ce qu’une notion minime des Arcanes.
-Comment éviter que cela se reproduise ?
Visiblement, Gwutha et Fergys ne faisaient plus du tout attention à Nicolaï qui se gardait bien de leur rappeler sa présence. Après tout, ce qu’ils étaient en train de dire le concernait directement. Il avait le droit de savoir.
-Je vais m’installer à Florissant, fini par déclarer la femme. Dans l’immédiat je ne pourrais rien faire de plus. Il faut du temps pour apprendre à discipliner son esprit.
Gwutha grogna.
-Je suppose que vous avez raison. Parfait, je vous propose de vous installer dans la Citadelle. Mais vous vous chargerez également de lui apprendre à lire, écrire et compter.
-Rajoutez une chambre pour mon apprenti et je serais prête à partir ce soir même.
Nicolaï se fit la remarque intérieure qu’Anselm lui avait déjà apprit à lire et à écrire. Mais il se garda bien de le clamer haut et fort. Cela aurait donné lieu à d’autres parlementassions interminables entres adultes et il n’avait pas du tout envie de les entendre se disputer. Il voulait juste dormir.
La magicienne dut le voir car elle déclara qu’il fallait le laisser se reposer.
Elle sortit de la tente en lui déposant un baiser sur le front et elle émit un léger rire en le voyant rougir jusqu’à la racine des cheveux. Gwutha se contenta de lui ébouriffer les cheveux, et Fergys de lui taper maladroitement sur l’épaule.
Cela pouvait bien paraitre dérisoire, mais Nicolaï reçut droit au cœur ces gestes d’affections. Venant de personne qu’il connaissait depuis seulement quelques heures et qui plus est de gens qui devait toujours présenter un visage stoïque et de marbre et passaient plus de temps à combattre qu’à courtiser, ces démonstrations d’affections valaient tous les baisers du monde.
Nicolaï s’allongea sur le lit de camps et s’entoura de la fine couverture avec la quel il avait été couvert.
Le sommeil ne vint pas tout de suite le prendre. Il commença par faire des rêves éveiller dans les quels il était chevalier et arboraient fièrement les couleurs des KalonErc’h. Mais les images qui lui vinrent dans son sommeil furent bien loin de ces rêves enfantins.
Un homme en armure noire et dont les cheveux très fins et d’un blond délaver courraient sur ses épaules le fixait de ses yeux d’un bleu irréel. Puis, cet homme lui souria et passat sa langue sur ses canines anormalement longues et pointues.
Nicolaï, par pur réflexe resserra autour de lui sa couverture.
Il avait froid.

* * *

Malgré se que l’on peut penser, tout les enfants de nobles du duché de Florissant ne se rendait pas au tournois d’Estaroth. Bien au contraire. Un grand nombre restait dans les châteaux familiaux. C’était le cas d’Auréane et de Marcus, les deux enfants de Fergys.
Marcus dormait sûrement depuis un bon moment, mais se n’était pas le cas de sa sœur aînée.
Auréane marchait doucement dans le couloir froid du château de son père. Celui-ci étant partit, elle avait le champ libre et n’avait pas peur d’être surprise en pleine nuit. Personne, pas même l’un des soldats patrouillant sur la muraille qui encerclait le petit donjon ne ferait attention à la lueur vacillante venant de la fenêtre de la bibliothèque. Ils se diraient surement que leur châtelaine souffrait d’insomnies.
Malgré son allure très peut furtive, Fergys de Vryl était un homme qui pouvait être particulièrement discret quand il le voulait. Mais puisqu’il était depuis un moment déjà partit au tournoi d’Estaroth, il n’y avait rien à craindre. Son père souffrant de fréquentes insomnies, il lui était impossible de se rendre dans la bibliothèque librement.
Voilà plusieurs mois déjà qu’elle avait commencé à prévoir cette petite expédition nocturne. Toute son énergie était entièrement tournée vers cet objectif. Echafauder des plans était une sorte d’échappatoire à son quotidien. Les leçons étaient longues et fastidieuses. Auréane apprenait à bien se tenir, à se montrer aimable, serviable, à tenir un domaine, à obéir, comme toute jeune fille noble doit le faire. Elle apprenait tout ce qui pourrait lui être utile dans sa future tache d’épouse. C’était à cela que sa naissance la destinait et c’était donc à cela qu’on la préparait.
Pour Marcus, tout était différent.
Son cadet d’un an, Marcus en tant que garçon aîné hériterait de la totalité du vicomté de Vryl. C’est pour cela que tout le monde le chouchoutait et qu’en fait, peut de personnes faisait vraiment attention à sa sœur aînée. Cela laissait à Auréane une certaine liberté de mouvement qu’elle aimait par-dessus tout. Elle pouvait faire à peut prêt ce qu’elle voulait du moment que ses précepteurs étaient satisfaits d’elle et que sa mère voyait l’avancement dans ses débuts de broderie.
Aussi silencieuse que possible, Auréane se glissa dans la bibliothèque et en ferma la porte derrière elle. Elle passa devant les ouvrages traitant des matières scientifiques sans les regarder. Se qu’elle cherchait était un peut plus loin.
Auréane finit par s’immobiliser devant une grande étagère vitrée et pleines de livres plus anciens les uns que les autres.
Elle tira de sous sa robe de nuit une petite clé dorée et l’introduit dans la serrure qui fermait la vitrine.
Quand la clé joua sans difficulté, elle poussa un petit soupire de soulagement. Elle avait passé plusieurs jours à réfléchir à la façon dont elle pourrait la prendre à son père sans que celui-ci s’en aperçoive.
Elle parcourut les titres des grands ouvrages reliés de cuir. Les mots étaient étrange et elle ne les avaient jamais lut auparavant : « Les tribus de la Déesse » « Le peuple fée » « La grandeur d’Aval » « La Dame » et bien d’autres encore.
Son père avait ranger ici certains livre quand Auréane avait commencer à savoir bien lire, expliquant que certains n’étaient pas pour les jeunes filles. Avant d’être dans cette vitrine, Fergys dissimulait ces livres assez haut dans la bibliothèque pour qu’Auréane ne puisse pas les attraper, même en montant sur un tabouret.
Elle fini par en choisir un parmi les ouvrages de la bibliothèque. Elle s’installa dans un large fauteuil bien confortable et très moelleux. La bougie déposer sur une table basse diffusait une faible lumière dans la pièce. Assise en tailleur, l’ouvrage sur les genoux, elle fixa un moment la couverture, la caressant doucement du bout des doigts.
Elle hésita un moment.
C’était là une partie de se qu’on nommait les Mythes de la Dame. Cela ne correspondait pas du tout à l’éducation qu’une jeune noble devait recevoir. Iolana insistait tout particulièrement sur le fait qu’il était totalement interdit à Auréane de lire ces ouvrages. Mais c’était sans compter sur le caractère indépendant de sa fille et son envie d’apprendre toujours plus.
Finalement, Auréane ouvrit l’ouvrage et commença à lire.
Les pages étaient recouvertes d’une écriture serrée et stylisée. Malgré ses sept ans, Auréane savait déjà très bien lire. En tout cas bien mieux que Marcus. Frère Larius aurait sûrement été fier de son élève s’il avait vu à quelle vitesse elle décryptait les mots et le texte. Il aurait peut-être été moins ravi en sachant qu’elle lisait les Mythes de la Dame.
Le premier des textes était un récit de la création du monde.
Ils racontaient comment le monde fut un jour recracher par le Chaos. Qu’avait-il avalé ? Personne ne se serait risqué à faire une hypothèse là-dessus. Mais les elfes prétendaient que le monde n’était en fait que la réutilisation de se qui avait autrefois été un univers à part entière. Le Chaos l’avait seulement avaler quand la fin de ce monde était finalement arrivée et recracher afin qu’un nouveau monde soit fabriqué. Puis, les dieux donnèrent cet étrange objet à l’un des leurs. Farjax, le Haut-Roi des forgerons. Celui-ci a martelé durant un temps incroyable ce matériaux afin de donner au monde sa forme originel. Puis le livre racontait comment les dieux avaient peuplé le monde de créatures aussi diverses que varié. Elfes, nains, dragons et ogres étaient les races primaires crées par les dieux. Mais il en arriva une autre. La race des hommes. Personne, pas même les dieux ne comprit d’où provenait cette race à l’apparence si fragile.
Auréane était tellement plongée dans sa lecture qu’elle ne vit pas les heures se succéder les unes aux autres.
Quand elle s’aperçu que la bougie qui lui permettait de lire était sur le point de s’éteindre, Auréane comprit qu’elle avait passé beaucoup plus de temps dans cette bibliothèque qu’elle avait imaginer le faire au départ.
Doucement, elle remis l’ouvrage à sa place et referma la vitrine à clé. Elle ne mit pas très longtemps à regagner sa chambre et à se glisser sous les couvertures de son lit. Auréane mit encore moins longtemps à s’endormir, ses rêves peupler de décors fantastiques et de créatures étrange du début du monde.
Le levé du jour et la femme de chambre qui vint la réveiller arrivèrent beaucoup trop vite à son goût.

* * *

Au tournois, les journées c’étaient suivie à un rythme bien trop rapide au goût de Nicolaï.
Il avait assisté à une partie du tournoi, mais le plus clair de son temps, il l’avait passé en compagnie d’Eléra, la magicienne de l’Ordre qui, la veille avait offert ses services à Gwutha. Ils restaient assis pendant de longues minutes à se regarder fixement. Nicolaï devait s’efforcer de vider son esprit de toutes pensées parasite et ne se concentrer que sur une seule image. Au bout d’un moment, Eléra déclarait d’un seul coup que cela suffisait et qu’il devait se reposer.
Nicolaï ne se le faisait pas dire deux fois. Chacune de ces étranges séances d’entraînement le laissait aussi vider que lors de son combat contre Arzhul. Mais Eléra l’encourageait sans cesse, lui assurant qu’il faisait des progrès.
Le reste de la journée, Nicolaï se rendait dans le petit pré suivre des leçons intensives dans les domaines de l’équitation et du maniement des armes ainsi que de l’héraldique. Les autres enfants qui suivaient le même enseignement que lui, le regardaient toujours du coin de l’œil. La plupart étaient présent quand il avait mit Arzhul à terre et personne ne voulait se retrouver face à lui lors des passes d’entraînement.
Mais ce n’était pas la seule chose qui séparait Nicolaï du reste du groupe. Il y avait quelque chose, qui devait très certainement indiquer chez lui qu’il n’était pas comme eux. Qu’il n’avait jamais manié une épée où eut la plus petite notion de ce qu’ils avaient auparavant apprit en tant que page.
Voilà donc pourquoi tout le monde l’évitait. Nicolaï était bien souvent forcer de s’entraîner avec des écuyers bien plus âgés que lui.
Les journées passaient donc, longue, interminable même tant elle semblait se répéter douloureusement. Chaque soir, Fergys raccompagnait le jeune garçon jusqu’à la tente ou il se lavait sommairement avant de dîner et de partir se coucher.
C’était pendant un de ces repas, alors que Nicolaï mangeait tout seul sur une table basse qu’il eut la surprise de voir arriver Gwutha.
Attrapant une chaise, le duc se posta face à lui et le fixa de ses yeux bleus.
-Je crois que je te dois quelques explications. Tu fais tout cela, mais sans savoir pourquoi.
Nicolaï ne dit rien. Il n’y avait rien à dire. Rien à répondre.
-Les choses auraient put être autrement. Je n’aurais même pas dut être duc.
Gwutha fit tourner autour de son doigt une grosse chevalière d’argent. Nicolaï en avait déjà vu une illustration. Cette bague était le seau officiel du duc.
-Vois-tu, pour comprendre ce qui se passe, il faut remonter bien avant ma naissance. Il y a cinquante ans, les pirates de la Mer d’Or ont tenté de s’emparer des stocks de gemmes et de fer qui se trouvaient dans les mines sur la rive sud de l’Argent. Mes grands-parents, grands-oncles et parents sont aller les affronter à la tête de la garde de la Citadelle. La victoire fut particulièrement coûteuse car mon père fut le seul survivant de ma famille. Mais les malheurs ne se finissent pas là. Je fus le seul à pouvoir prétendre au trône de Florissant car enfant unique. La série noire de Florissant ne c’est pas arrêtée là. Ma première femme est morte en mettant notre enfant au monde. Il ne survécut pas très longtemps. A peine deux mois. Désespéré, j’ai, quelques années plus tard, prit une deuxième épouse. Beaucoup plus jeune je dois l’avouer. Elle est morte, il y a deux ans lors de l’épidémie qui a courut dans les duchés du Nord.
Nicolaï se rapelait cette épidémie qui avait dévaster le cloître. Il était tombé malade, mais avait réussi à s’en sortir.
Gwutha marqua une pose. C’était beaucoup à assimiler pour un enfant aussi jeune que Nicolaï, mais en le regardant, le duc comprit que son protéger buvait ses paroles, les comprenant et les classant dans un coin de sa tête.
-Je ne peux pas laisser Florissant sans chef. C’est pour cela que je t’es adopté et que je te fais autant travailler. Je voudrais que tu sois mon successeur. Crois-moi, tu n’es pas le premier garçon que je vais voir. Mais jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’avait réussi à tenir aussi bien que tu le fais. Tous s’écroulaient, complètement épuisé au bout de quelques jours alors que toit tu te lève seul à l’aube tous les matins quels que soient les exercices de la veille.
Nicolaï sentit sa poitrine se gonfler d’orgueil. C’était vrai. Tous les jours, il se réveillait à l’aube. Les Frères disaient qu’il avait une horloge dans le ventre ou autre part car il était immanquablement debout au moment ou le soleil était à moitié apparut à l’horizon.
Pourtant, il avait le sentiment que cela ne pouvait pas être suffisant. Après tout, si il suffisait d’être toujours levé à l’aube pour devenir duc, alors un grand nombre de personnes auraient atteint ce titre depuis très longtemps. Pourtant, Gwutha ne donna aucune autre explication. Il y en avait, Nicolaï en était certains, mais le seigneur de Florissant n’en dit pas un mot.
-Demain le tournoi sera fini. Nous partirons après demain et dans trois jours nous serons à Florissant. J’espère que tu n’es pas trop fatigué car le rythme va s’intensifier. Ce que les autres ont apprit durant leurs années de services en tant que page dans un quelconque château, il faudra que tu le sache dans quelques mois. Je te mets au défi d’en être capable en deux mois.
Nicolaï leva la tête en pointant le nez vers le haut.
-Quel est l’enjeu, demanda-t-il ?
-Si tu réussis…voyons…si tu réussi, tu dessineras ton propre blason.
Nicolaï fit un grand sourire.
-Et si je perds ?
-Pas de chance, tu devras récurer la marmite de fonte du cuisiner à tous les repas pendant deux semaines.
Nicolaï n’avait aucune idée de la taille que devait faire cette marmite. Mais il était sur d’une chose : sa capacité à apprendre et à retenir les informations en un temps particulièrement court.
-Paris tenus, déclara-t-il.

* * *

Ce n’est que le lendemain qu’Eléra présenta à Nicolaï celui dont elle avait mentionné l’existence à leur première rencontre. Le jeune aprenti dont elle avait la charge.
Quand Nicolaï le vit pour la première fois alors que Fergys lui expliquait comment étrier correctement un cheval, le garçon eu l’impression qu’Eléra avait manquée un de ses sortilège et c’était retrouvée rapetissé.
Il s’avéra vite que la personne en robe de mage bleu qui s’approchait de lui à grand pas était en fait beaucoup plus jeune et n’avait pas grand-chose à voir avec la magicienne. C’était un garçon plutôt grand pour son âge et plutôt grassouillet. Mais jamais il ne se serait permis de lui faire la remarque. Les multiples épaisseurs de sa robe bleue de mage de l’Ordre un peut trop grande ne faisait qu’accentuer cette impression de lourdeur et de grosseur. Son visage rieur était bordé de cheveux sombres qui lui tombaient sur les épaules. Il ne portait pas le bâton de mage réservée à ceux qui avaient passé leur Initiation, mais il ne faisait aucun doute qu’un jour ou l’autre il se présenterait devant ses pairs pour revendiquer son propre bâton. Tout comme un jour Nicolaï le ferait pour une épée.
-Nicolaï, demanda-t-il d’un ton un peut condescendant.
-Peut-être, répliqua le jeune garçon avec une note de défi non dissimuler dans la voie.
-Parle-moi avec un peut plus de respect. C’est clair ?
-Pourquoi ?
-Je peux te faire très mal tu sais, sans avoir à te toucher.
Le jeune mage leva une main dans une imitation grossière de geste incantatoire.
D’un geste vif Nicolaï tira son épée de bois qui depuis sa rencontre avec Arzhul ne le quittait plus et la pointa sur le mage d’un air menacent.
-Essaie seulement pour voir ce que sa vas faire.
Tous deux se toisèrent un moment comme pour juger des capacité de l’autre et de la rapidité avec la quel il pourrait frapper. Au final, l’apprenti mage baissa les mains et Nicolaï remit son épée à sa ceinture.
-Donc tu es Nicolaï, grogna-t-il.
-Et toi ?
Il n’y eu pas de réponse. L’apprenti mage continuait à marmonner dans sa barbe ce qui semblait bien être un chapelet de jurons colorés et de malédictions à l’encontre d’Eléra.
-Il est en général assez mal vu de ne pas se présenter quand on rencontre quelqu’un, fit Nicolaï avec une pointe de sarcasme.
Le mage lui adressa un regard assassin.
-Mon nom est Mehoud Von Richtoffen.
Nicolaï hocha la tête.
-C’est loin l’empire de Tilée, remarqua-t-il.
Avec un nom pareil, Mehoud ne pouvait venir que de ce lointain pays de l’est qui avait auparavant règné sur le monde. En fait, soit il venait de l’empire de Tilée, soit du royaume de Gaste. Nicolaï préféra croire à la première solution.
-Oui et encore plus loin pour aller chez moi. Je vivais dans les contrée est de l’Empire. Enfin, c’était encore l’Empire quand je suis partit. Mais allez savoir. C’est à présent peut-être une nation Ogres, Nordique ou même vampire vus la vitesse à la quel les légions tiléenne reculent.
Il y eu un moment de silence que ni Nicolaï, ni Mehoud ne semblait vouloir interrompre. Ils se contentaient de se regarder dans les yeux à voir qui d’eux deux baisserait les yeux en premier.
Se fut Nicolaï qui baissa le premier le regard. Il ne tarda pas à relever les yeux pour les fixer sur le mage. Mehoud le mettait d’une manière ou d’une autre un peut mal à l’aise.
Le fait qu’ils aient à peut prêt le même âge (Mehoud ayant seulement quelques mois de moins tout au plus) et le caractère dangereux de la vie qu’ils allaient tous les deux mener ne tarda pas engendrer un sentiment d’affection pour cet apprenti mage et cela même si leur relation ne partait pas vraiment d’un bon pied.
Finalement, Mehoud croisa le regard et ne pensa pas un seul instant à baisser la tête. Il n’y avait d’ailleurs aucune raison de le faire. Mage et Chevalier étaient, dans la société du royaume, sur un pied d’égalité. Alors pourquoi en serait-il autrement pour un aprenti et un écuyer ?
-C’est Eléra qui m’envoi. Elle voudrait que je veille à ce qu’il ne t’arrive rien tant qu’elle ne sera pas certaine que ton esprit ne risque plus rien. Nous allons donc être très, très souvent ensemble. Tu vas être un KalonErc’h dans peut de temps. Je ne demanderais pas que tu m’apprécies. Cela sera sans doute peut probable et je doute plus encore que nous devenions amis. Tout ce que je te demande, c’est de tolérer ma présence.
Nicolaï regarda Mehoud avec étonnement. Le tolérer ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Les ducs de Florissants étaient bien connu pour toujours avoir montrer du mépris, voir de la haine envers la magie. Mais il n’était pas duc et n’avait pas ce genre d’a priori.
-Je pense qu’on peut au moins tenter de s’entendre avant de déclarer tout de suite que c’est impossible.
Mehoud eu un léger sourire.
-Je pense que tu seras un bon duc, ricana Fergys qui c’était tenu légèrement en retrait jusque là.

* * *

A la mi-journée, Auréane vit arriver une petite troupe de cavaliers entrer à vive allure dans la cours du château.
Le cavalier qui menait la colonne était reconnaissable entre mille. Ces cheveux roux flottant autour de sa tête dans la poussière soulevée par la cavalcade des chevaux. Auréane sourit en se précipitant vers la porte d’entrée du château.
-Papa, cria-t-elle en se ruant sur le chevalier de tête.
Fergys lui adressa un très large sourire et la prit dans ses bras, la faisant tournoyer un instant dans les airs avant de la reposer.
-Tu m’a manqué ma chérie, assura le chevalier en se baissant pour être à sa hauteur.
Auréane était ravie de l’arrivée de son père. La jeune noble s’était toujours sentie plus proche que lui que de sa mère. Quand au chevalier, il aimait sa fille plus que tout au monde. Marcus était son héritier, mais Auréane était sa première enfant. Celle qu’il chérissait plus que tout.
-Pourquoi as-tu tardé ? Le tournois c’est terminer depuis au moins trois semaines. Tu aurais dut rentrer il y a au moins sept jours.
Fergys passa une main dans les cheveux d’Auréane.
-Gwutha avait besoin de moi. J’ai dut me rendre à Florissant avant de pouvoir revenir. Mais maintenant, je suis là.
Iolana ne tarda pas à sortir dans la cour, suivie de prêt par Marcus qui courrait après elle.
-Vous avez tarder mon cher amis, fit-elle en s’approchant de Fergys.
-Le duc avait besoin de moi pour une mission. Voilà pourquoi j’ai autant tardé. Il fallait me rendre à Florissant. Comme vous le savez ma dame, la Citadelle des KalonErc’h est éloignée de notre vicomté.
Iolana se tenait droite et raide dans une robe finement brodée. Elle c’était composée une mise hautaine et froide. Elle levait légèrement le nez dans une posture pleine de dédain.
Auréane observait ses parents. Les relations entre eux c’était aggravé et ils se disputaient à présent de façon fréquente. Elle ne savait pas vraiment quand cela avait bien put commencer ni si un jour ses parents c’étaient vraiment aimer. De loin, ils semblait bien assortit, mais quand on y regardait de plus prêt, c’était tout le contraire. Petit à petit, les choses c’étaient dégradé et les disputes étaient à présent très fréquentes. Et de plus en plus violente. La dernière fois, Iolana avait attaqué Fergys en lui jettent des assiettes.
-Ce soir, j’ai un invité, déclara finalement le chevalier.
Ce n’est qu’à ce moment qu’Iolana remarqua un homme qui dénotait légèrement dans le groupe de chevalier.
C’était un homme d’une trentaine d’années bien tassées. Assis sur un petit cheval bien plus maigre et beaucoup moins musclé que les grands chevaux de tournois sur lesquels étaient monté les hommes de l’escorte.
Une superbe harpe de bois était accrochée à son dos. Elle contrastait particulièrement avec ses vêtements tout en simplicité. Il n’était vêtu que de vêtement de voyage. Malgré la cape sombre, on voyait très clairement les tatouages bleu sombre qui lui recouvrait les bras.
Iolana sera les mâchoires. Un Barde. Un grand prêtre de la Dame.
Elle allait dire quelque chose quand elle s’aperçu qu’il y avait de très nombreuse personne dans cette cour.
-Votre ami restera-t-il longtemps, demanda-t-elle en faisant bien comprendre qu’elle ne le souhaitait pas.
Fergys sera à son tour les dents. L’envie de se mettre à crier après sa femme lui vint. Les Bardes devaient être respecté comme des princes. Ils étaient les servant de la grande déesse qui avait aidé à la fondation du royaume. La Dame était vénérée par presque tout le monde dans le royaume et on ne comptait même plus les sanctuaires et les temples qu’on lui dédiait. Rien ne pouvait autoriser à qui que se soit une telle insulte. Le roi lui-même leur devait le respect. Iolana n’était certainement pas en droit de ne pas traiter un Barde comme il lui était dut.
Qu’Iolana considère la croyance en la Dame comme une superstition ridicule n’engageait qu’elle. Mais dans le royaume, la quasi-totalité des hommes et des femmes priaient la déesse.
En réalité, se n’était pas une réelle religion. La Dame était une sorte de grande confidente. Elle receuillait les peurs et les doutes des mortels. C’était à elle que l’on s’adressait. Dans le panthéon céleste, elle était en quelque sorte le lien entre les dieux et les hommes. Mais elle avait un culte propre et plus important que celui de n’importe quel autre dieu.
Comprenant qu’elle avait peut-être été un peut loin et que Fergys risquait d’exploser d’un moment à l’autre, elle changea tout de suite de conversation.
-Auréane, Marcus, retournez à vos leçon, ordonna-t-elle.
Contrite et déçue de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Retourner à ses broderies ne la tentait pas du tout. Elle serait bien restée plus longtemps avec son père et le Barde. Mais quand sa mère avait ce ton, il ne valait mieux pas discuter et obéir immédiatement.
-Non, répliqua Fergys. Le seigneur Barde souhaitait s’entretenir avec Auréane.
Iolana ne dit rien. Elle se retourna et partit aussi vite que sa dignité le lui permettait, elle repartit en direction du donjon, entraînant Marcus à sa suite.
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