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| | Les Appartements de Dame Phalène | |
| | Auteur | Message |
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Nathan Comte de Metz

 Nombre de messages: 875 Age: 21 Camp: Erwana, Morgause et Metz. (Phalène?) Classe sociale: Chevalier d'Austrasie, Comte. Premier Intendant d'Austrasie Terre: Metz Date d'inscription: 01/11/2008
Feuille de personnage Religion: Chrétien Statut Social: Comte de Metz et Chevalier d'Austrasie
 | Sujet: Les Appartements de Dame Phalène Lun 29 Nov - 16:03 | |
| Précédently in Orcanie: (Voix off du Visiteur du Futur)
Alors que Nathan dormait aux côtés de son épouse, il s'aperçut qu'elle faisait bouillotte: fiévreuse, elle était de plus en plus chaude. Que faire? Il la confia aux médecins du bord, tout en continuant de lui administrer la potion de Gladys. Lui même avait sa propre potion, Gladys ayant préparé une potion pour chaque époux, et il se sentait de mieux en mieux. Cependant il ignorait qu'il avait un véritable fortifiant au contraire de son épouse qui était droguée.
Ainsi le Comte avait-il fait divers entraînement physiques pendant que les médecins s'occupaient de sa femme, ou alors il avait rendu visite a Phalène. Mais il cherchait toujours a minimiser ses absences, afin de s'occuper d'Erwana. Entre le bateau et le château, ils prirent un carrosse. Erwana endormie et transpirant sur une banquette, Phalène installée confortablement sur l'autre, découvrant l'Austrasie, alors que Nathan se trouvait au chevet de son épouse, dans la travée entre les deux banquette, et donc aux pieds de Phalène. Lors du voyage en carrosse, il passa beaucoup de temps a éponger le front de son épouse, et a la couvrir de caresses, sur le ventre, la chevelure et la joue, et de baisers sur le front et les lèvres. Mais assez souvent il s'adossait a la banquette de Phalène, et cherchait force et réconfort en caressant les jambes de la mère de son enfant, et en lui embrassant parfois le genoux, avant de reprendre les soins de son épouse. Nathan se demandait d'ailleurs ce que pensait Phalène. Erwana était trop faible pour pouvoir se préoccuper de la blonde enceinte, mais que pensait cette dernière? Entrevoyait-elle la possibilité de succéder a Erwana? Le comte était parfaitement conscient de cela.
Quoiqu'il en soit, la présence de la jeune blonde lui permettait de tenir alors que son épouse n'allait vraiment pas bien. Et une fois arrivé a Metz, il prit son épouse dans ses bras, elle était si légère! Elle semblait avoir encore perdu en poids malgré les soins, a cote de sa fièvre, et il la porta alors jusqu'à sa chambre.
Et maintenant, la Suite:
Phalène se retrouvait donc seule. Seule? Non, une femme quinquagénaire et tout en rondeur approcha de Phalène et la regarda, la dévisageant lourdement.
"C'est vous Madame, la femme enceinte dont on nous a prévenu de l'arrivée donc. Le comte avait envoyé un messager. Je suis Dominique Paradis, et je vais m'occuper de vous au moins aujourd'hui."
Elle se mordit la lèvre et prit Phalène par le bras, avec une ferme douceur. Étonnant cette douceur alors que la femme semblait agacée. Elle guida la jeune femme jusqu'à des appartements. Un bain chaud préparé par deux servantes aussi jeunes que Phalène, voir plus, attendait déjà la femme enceinte.
"Vous avez besoin d'aide Madame?"
Demanda la femme, alors que les jeunes femmes partaient. Elle s'occupa donc de Phalène puis lui apporta des robes.
"Ces robes ont appartenu a la Mère du Comte, Dame Phalène."
Déclara alors la femme.
"C'était une bonne amie, je l'ai servie a la mort de sa sœur, la Mère de notre souverain. Ces robes étaient les robes que Madame de Metz portait durant ses grossesses. Monsieur Le Comte vous a offert la totalité de la garde robe de sa mère en attendant que vous ayez les vôtres."
Elle étendit plusieurs robes sur le lit.
"Vous aimez?"
Les robes étaient faites des tissus les plus fins, réellement magnifiques. Jamais Phalène n'avait vu tissus si fins et si riches. Il y avait absolument toutes les teintes, au moins une robe par jour, capable de suivre le corps d'une femme pendant un mois entier. Ce qui faisait donc un total de soixante trois robes, mais seules celles que Phalène pouvait remplir, soit sept robes, se trouvaient sur le lit, les autres restant dans de lourdes armoires.
"Vous êtes visiblement plus maigrelette que la regrettée Comtesse. Mais rassurez vous, les enfants vous donneront de belles formes! Et vous semblez d'une constitution légère, vous resterez sûrement mince comme notre regrettée Comtesse ou notre adorée Régente."
Déclara Dominique. Elle apporta ensuite un coffret contenant de multiples bijoux, aux multiples pierres. Plusieurs comportaient les armoiries de Metz, dont les fermoirs.
"Vous avez aussi accès aux bijoux de sa mère. La Comtesse a fait faire des robes et bijoux a son goût. J'imagine que le Comte vous en offrira aussi si vous le désirez." _________________ Phalène ou Erwana? Telle est la question Premier Intendant d'Austrasie. |
|  | | Phalène

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 | Sujet: Re: Les Appartements de Dame Phalène Dim 5 Déc - 10:32 | |
| Phalène s'était habituée à n'avoir que peu de prise sur son existence. Ballotée au gré des mauvais vents de l'infortune, elle tentait seulement de garder la tête hors de l'eau. Depuis sa capture par les saxons et ses mois d'enfermement, ça n'avait guère changé, mais l'horizon s'était éclairci; elle manœuvrait seulement pour rester dans la bonne direction, et c'était tout, le monde faisait le reste. Suivant Nathan comme son ombre, elle restait muette, et ce qui passait pour de l'humilité, ou quoi que ce fût d'autre, n'était en fait dû qu'à la fatigue et à l'incertitude tant elle ne savait que faire hormis rester accrochée aux basques du comte qui était sa poule aux œufs d'or, et qu'elle ne comptait pas lâcher d'une semelle. De toute manière, elle n'avait guère le choix. On la regardait d'un mauvais œil, c'était normal, et sa situation en était plutôt délicate car Phalène ne comptait pas sur la pitié de ses détracteurs. Enceinte ou pas, à son avis, ça ne changeait rien.
Ils avaient prit le carrosse une fois arrivés à terre. La comtesse, visiblement dans un sale état, était avec eux et Nathan la couvait comme une mère, avec une vigilance qui confinait à la dévotion et qui la faisait bien rire. Il pouvait bien se donner des airs vertueux, maintenant. En réalité, cet homme là était comme les autres, aussi faux, menteur et hypocrite que tous ses semblables. Dommage pour lui.
Enfouie sous les draperies de ses lourds vêtements, Phalène avait longuement rêvassé sur la route, ses doigts usés froissant les plis des étoffes précieuses dont on l'avait couverte. Un voile blanc couvrait ses cheveux, tombant jusque sur ses épaules, lui donnant l'air d'une madone, ce à quoi s'accordait bien sa mine humble et innocente de sainte nitouche. Elle affectait un comportement de petite fille brisée qui, elle espérait, endormirait toute méfiance à son égard; la tête courbée, elle ne disait rien, ouvrant de grands yeux purs et candides qui cachaient remarquablement bien son esprit tordu.
Nathan venait parfois s'appuyer contre ses genoux, et elle passait une main pensive dans ses cheveux, se pliant à quelques signes d'affection discrets mais bien présents. Si Erwana était un tant soi peu consciente, elle les avait sans doute remarqués, mais Phalène s'en fichait. Elle n'avait rien contre la comtesse, mais qu'elle le veuille ou non, elle était sa rivale et la catin avait bien l'intention de ne rien céder devant elle.
Le voyage s'était éternisé, mais enfin ils étaient arrivés à bon port, et l'on fit descendre Erwana, suivie par Nathan, et on laissa Phalène se débrouiller. Elle grimaça en retrouvant le plancher des vaches, avec l'impression que son corps était lesté de plomb; elle n'eut guère le temps de se poser des questions car une grosse femme, l'air renfrogné, lui mit aussitôt le grappin dessus. Lorsqu'elle se présenta, Phalène répondit par une timide courbette, autant que le lui permettait son ventre qui lui pesait bien lourd.
-Je m'appelle Phalène, madame.
Ceci étant dit, elle fut embarquée au travers des couloirs du château. Alors c'était comme ça que vivaient les riches? L'air froid s'engouffrait de toutes parts, gonflant les tentures disposées parfois pour tempérer un peu la froideur des parois de pierre de taille. Elles croisèrent une foule de gens, plus ou moins bien vêtus, et la jeune femme ne semblait pas avoir assez de ses deux yeux pour tout regarder. Un autre monde, c'était ça. Elle venait de mettre les pieds dans un univers dont elle ne savait rien, mais qui, visiblement, serait plus agréable à vivre qu'un coin de plancher dans une taverne douteuse ou une impasse boueuse avec des rats.
Quant aux appartements... Il y avait assez d'espace pour y accueillir une famille entière, et tout ça n'était que pour elle? Le moindre meuble, la moindre tenture ou le moindre carré d'étoffe semblait coûter les yeux de la tête. C'était à peine si on osait fouler le tapis, de peur de l'user. Et puis il y avait les servantes, et encore un bain de plus. Les nobles passaient-ils dont leur temps à se laver?
"Vous avez besoin d'aide Madame?"
Phalène s'arracha à son étonnement perplexe pour répondre.
-Ça n'est pas de refus, acquiesça-elle avec un sourire timide qui cachait un brin de méfiance inquiète.
De toute manière, elle avait tant d'étoffes et de robes sur le dos qu'elle n'aurait pas su s'en dépêtrer toute seule, avec ces innombrables lacets, broches et rubans. Elle laissa Dominique s'en charger, ce qu'elle fit avec une remarquable célérité, avant que Phalène ne puisse se glisser avec un certain bonheur dans l'eau fumante du bain. Le baquet était assez grand pour la loger toute entière, et rien d'autre n'en dépassait que sa tête. Elle se laissa flotter un instant, et soudain son corps lui parut aussi léger qu'une plume.
Elle écouta d'une oreille le babillage de la servante, trouvant un peu malsain que Nathan offre à sa maîtresse les vêtements et les appartements de sa mère, mais elle n'avait pas à juger, et elle n'allait pas cracher dans la soupe. Un remous fit clapoter l'eau contre le bord quand elle se tourna pour regarder les vêtements dont parlait Dominique, et elle resta interdite un instant.
Premièrement, elle n'allait jamais rentrer là-dedans, ces robes étaient assez grandes pour en loger deux comme elle, dedans. Et deuxièmement il y avait semblait-il de quoi payer la rançon d'un roi, avec tout ça. Les couleurs étaient vives et chatoyantes, presque trop, aux yeux de Phalène accoutumée à voir sur son propre dos et celui des autres les teintes délavées et cafouilleuses des teintures bon marché. Il y avait des velours, de la soie légère et brillante qui coulait en replis bruissant comme une eau profonde, des pièces de brocard raide de broderies, des perles, des oiseaux, des motifs à en perdre la tête...
Phalène s'enorgueillissait de rester froide et calculatrice en toutes circonstances, de garder les pieds sur terre et de ne jamais s'émouvoir; mais là, elle devait bien avouer que tout ça lui fit perdre les pédales et elle ouvrit des yeux ronds, bégaya une réponse et finit par hocher la tête un peu maladroitement.
Et en même temps, une partie de son cerveau qui avait gardé les commandes exécuta une petite gigue de joie et remercia tous les dieux de l'univers d'avoir collé dans les pattes de la pauvre catin balafré un pigeon aussi riche et aussi crétin que le comte Nathan de Metz.
Phalène se renfonça dans son bain en bullant de contentement, de l'eau jusqu'aux yeux. Elle était à deux doigts de se pincer pour vérifier que tout ça était bien réel, quand Dominique acheva d'enfoncer le clou en lui présentant un coffret de bijoux. Là, Phalène n'en crut pas ses yeux devant tant de richesses: de l'or, du vrai, mat et solide, jaune à la lueur des lampes; et des perles, irisées et grises, des émaux aux feux aussi vifs que des joyaux... Il y avait là assez pour vivre confortablement jusqu'à la fin de ses jours et entretenir une famille nombreuse par-dessus le marché.
Pour une fois, les promesses étaient tenues. |
|  | | Nathan Comte de Metz

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 | Sujet: Re: Les Appartements de Dame Phalène Dim 5 Déc - 12:56 | |
| Nathan avait été mis a la porte par Mélinda, et avait ensuite accueilli Alicia. Il avait donc parlé a sa cousine, lui avouant la présence de Phalène, et sa condition, puis l'avait conduite a ses appartements. Il rejoignit alors les appartements de Phalène et frappa a la porte. Dominique l'ouvrit alors et vit Nathan avec les deux enfants d'Erwana.
"Dominique, ces deux amours ont besoin d'être mis au lit, vous pouvez vous en occuper? Merci."
Dit-il alors. La femme partit et Nathan entra alors dans les appartements de Phalène:
"Je peux?"
Demanda-t-il alors. Une fois la réponse positive, il entra et sourit en voyant Phalène et les robes sur le lit.
"Ces robes sont un peu grandes je crois."
Dit-il alors amusé. Il referma la porte, approcha de Phalène, l'embrassa sur le front, l'aida a prendre son bain, avant de l'aider a se vêtir de la robe et des bijoux qu'elle souhaitait porter. Ses gestes étaient doux et tendre. Nathan appréciait visiblement de revoir et de toucher a nouveau le corps nu, et bien qu'enceinte, de Phalène, mais contrairement aux clients passés de la jeune femme, il ne profita pas de la situation, étant beaucoup trop tendre pour cela.
"Mais rassure toi, tu auras bien vite droit a tes propres robes, même si tu peux puiser a volonté dans la garde robe du comté."
Nathan s'approcha alors et embrassa tendrement mais chastement Phalène, avant de mettre genou a terre et de prodiguer moult tendres caresses au ventre tout en s'adressant a l'enfant. Se relevant il posa un doux et tendre, et aussi plus passionné, baiser sur l'œil gauche et la cicatrice de sa douce blonde.
"Tu vas bien sinon? Tu es bien installée? Je t'ai mise dans cette chambre car elle est reliée a mon bureau et a la chambre conjugale."
Déclara Nathan. Il n'avait pas dit que la chambre ou Erwana dormait était la sienne, et en était quelque peu honteux mais il préférait ne pas évoquer son épouse devant Phalène, même si tout dans ces gestes dénotait d'une grande anxiété vis a vis de la santé de son épouse.
Il prit alors place sur un confortable sofa.
"En toute honnêteté, je dois avouer que ce sont les plus jolis appartements du château."
Dit-il doucement.
"Et je les apprécie d'autant plus depuis que je les ai redécoré a mon goût, Tu pourras en faire tout autant d'ailleurs, puisqu'ils sont a toi maintenant."
Nathan servit alors deux verres d'eau, pour Phalène et lui, et l'offrit a la jeune femme.
"D'ailleurs quand comptes tu recevoir le couturier et le décorateur?"
Demanda-t-il doucement avec un sourire tendre, et un peu triste a la fois. _________________ Phalène ou Erwana? Telle est la question Premier Intendant d'Austrasie. |
|  | | Phalène

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 | Sujet: Re: Les Appartements de Dame Phalène Ven 14 Jan - 15:43 | |
| Phalène sursauta quand on frappa à la porte, et se recroquevilla dans son bain, prenant soudain conscience de sa vulnérabilité. Mais ce n'était que Nathan, accompagné de deux marmots, certainement ceux de son épouse. Elle hocha timidement la tête quand il demanda à entrer, esquissant un léger sourire, rougissante; elle se força à rester calme, et refoula au fond d'elle-même sa répulsion envers lui, cachée sous un vernis de chaste timidité. Enfin, chaste, il n'y en avait que l'apparence, et elle ricanait dans sa tête de voir le jeune comte si délicat et si innocent d'allure, alors qu'il avait engrossé une catin dans la cale puante d'un navire saxon. Mais sans cela, elle ne serait pas ici à cet instant.
"Ces robes sont un peu grandes je crois."
-On pourrait y loger deux comme moi, là-dedans... Je ne sais même pas comment me vêtir seule, avec tous ces.. trucs, dit-elle d'une petite voix.
Il s'approcha d'elle, prit l'éponge pour l'aider à se laver, et elle serra les dents pour ne pas le repousser. Elle se sentait bien, avant qu'il ne vienne. Ses gestes étaient un peu hésitants, mais on y sentait presque une habitude, et il semblait connaître à présent chaque parcelle de son corps, s'attardant parfois sur les marbrures profondes qui marquaient sa peau, se faisant plus délicat lorsqu'il passait sur les bleus et les éraflures, stigmates de leur calvaire. Elle ferma les yeux à demi, essayant d'oublier ce qui s'était passé, essayant de se souvenir qu'elle avait parfois ressenti un peu de sympathie pour lui. Mais quelque chose en elle l'empêchait de pardonner ce qu'il avait fait; l'engrosser avait été sa plus terrible erreur car dès lors elle n'avait plus eu aucune pitié pour lui, mais un quelque chose en elle réclamait encore sa présence, réclamait la douceur de ses paroles et son optimisme si stupide qui la faisait rire malgré elle.
Phalène le haïssait, mais avait besoin de lui, et ça la déchirait toute entière, un conflit terrible qui opposait les deux parties de son être et la réduisait en lambeaux. Il était si doux, avec elle... Il parlait avec gentillesse, il était prévenant et attentionné, il semblait vouloir l'apprivoiser comme un enfant qui tente d'attraper un papillon sans toucher ses ailes. Il avait en lui une innocence de gosse, qui la touchait, parce qu'elle voyait en lui tout le contraire de son être dévasté et sordide, parce qu'elle aurait voulu être comme lui. Sa voix parlait à son coeur dévasté, et prononçait enfin les mots qu'elle désirait tant entendre depuis des années... Mais il avait fait un pas de trop, il avait outrepassé les frontières de son corps, et ce qu'il avait fait avait été un coup de plus dans son être à vif, une blessure de plus, une de plus qui ne guérirait jamais. Il lui apportait autant de soulagement que de douleur, elle le détestait autant qu'elle s'était attachée à lui.
C'était à en devenir folle.
Nathan semblait éprouver envers elle une immense tendresse, une affection bien plus profonde qu'elle n'aurait pu le croire au début; avant de le connaître, elle s'était dit qu'il ne la considérerait que comme une maîtresse un peu encombrante, avec un enfant sur les bras, dont il serait obligé de s'occuper. Mais elle n'aurait jamais pu penser que le comte aurait pu montrer autant de gentillesse envers elle, et qu'en réalité il aurait pu tomber amoureux. Mais ce mot ne semblait pas coller à ce qu'il exprimait; il était bien trop innocent pour se brûler les ailes à cette flamme qu'on appelle ainsi. Il était trop pur, pour ressentir cet acide, cette ivresse, cet alcool brûlant qui détruit et fait toucher le ciel tout en ouvrant l'enfer sous les pieds.
Trop pur, vraiment?
Une voix ricanait, et sa haine se réveillait quand elle se souvenait, lorsqu'il posait la main sur elle, des instants où elle aurait voulu le tuer, pendant qu'il assouvissait en elle ses désirs animaux. Il était aussi chaste que les autres. C'était un homme! Que pouvait-elle attendre de lui, sinon le mensonge, la cruauté, la duperie? Mais il était si différent de ceux qu'elle avait connus... Il la soutenait, alors qu'il l'aidait à se sécher, il détournait parfois le regard, comme pour respecter une quelconque pudeur; ses mains l'effleuraient doucement, couvrant son corps blanc et maigre de soieries précieuses et de ces robes trop grandes qu'il lui avait fait porter.
Elle le haïssait, mais elle se rendait compte, petit à petit, qu'à l'intérieur d'elle, il avait réveillé quelque chose qu'elle croyait ne jamais pouvoir naître dans le terrain vague de son coeur: un sentiment? De l'affection. Il avait tenu ses promesses. Elle aurait voulu pleurer, hurler, le repousser. Mais elle ne pouvait rien exprimer de tout cela.
Déchirée par ses tourments intérieurs, elle restait silencieuse, docile, la tête baissée. La jeune femme murmura quelques mots en réponse à ses questions, et elle ne savait plus quoi penser, elle ne savait plus quoi faire.
Il l'embrassa, délicatement, et caressa son ventre rond et lourd. Phalène s'assit, et lui adressa un timide sourire. Il fallait surmonter tout ça. Ne pas se laisser abattre!
-Je pourrais difficilement me plaindre de tout ce que tu m'offres, dit-elle doucement. J'ai du mal à me rendre compte de ce que j'ai, maintenant; cette chambre me paraît immense, et ce que je porte... Un seul de ces bijoux m'aurait nourrie pendant des jours! Il me faudra du temps, pour accepter tout ça.
Elle haussa légèrement les épaules.
-Un couturier, un décorateur... Je ne sais même pas de quoi tu parles. Tout ça.. C'est un autre monde, pour moi. Rappelle-toi d'où je viens, et comprends que je sois mal à l'aise.
Pour être plus précis, elle se sentait comme un cafard dans une maison de poupée.
Elle prit sa main, et la serra comme si elle se raccrochait à lui.
-J'ai un peu peur, tu sais. Je ne me sens pas à ma place.
Sa gorge se noua.
-J'ai besoin de toi, murmura-elle tandis que des larmes perlaient à ses yeux clairs.
De toutes les paroles qu'elle prononça jamais, celles-ci furent peut être les plus sincères... |
|  | | Nathan Comte de Metz

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 | Sujet: Re: Les Appartements de Dame Phalène Ven 14 Jan - 18:16 | |
| Nathan se sentait toujours un peu coupable, lorsque il touchait Phalène. Mais pas a cause de son infidélité.Il se sentait coupable d'avoir engrossé l'innocente Phalène sans pouvoir l'épouser. C'était contraire aux bonnes mœurs, a son éducation. Mais il l'aimait suffisamment pour franchir ces interdits.
-On pourrait y loger deux comme moi, là-dedans... Je ne sais même pas comment me vêtir seule, avec tous ces.. trucs,
Et oui, même enceinte de six mois, Phalène était toujours minuscule et les robes taillées pour une femme plus grande, et plus ronde.
-Pour ça que je vais t'aider a te vêtir, et que je vais t'offrir de robes faites sur mesure.
Déclara Nathan tout en l'habillant. Il lui caressa alors tendrement le ventre, l'embrassa, et elle prit la parole:
-Je pourrais difficilement me plaindre de tout ce que tu m'offres, dit-elle doucement. J'ai du mal à me rendre compte de ce que j'ai, maintenant; cette chambre me paraît immense, et ce que je porte... Un seul de ces bijoux m'aurait nourrie pendant des jours! Il me faudra du temps, pour accepter tout ça.
Phalène parlait a cœur ouvert. Nathan devait-il l'interrompre ou la laisser parler?
-Un couturier, un décorateur... Je ne sais même pas de quoi tu parles. Tout ça.. C'est un autre monde, pour moi. Rappelle-toi d'où je viens, et comprends que je sois mal à l'aise.
-Je sais Phalène, je sais. Mais maintenant je t'offrirai ce qu'il y aura de mieux. Pas seulement au bébé. A toi aussi. Mais il est naturel qu'il te faille du temps pour t'habituer. Alors sache que je suis là pour t'y aider.
Phalène prit alors sa main et Nathan lui sourit doucement, avec tendresse.
-J'ai un peu peur, tu sais. Je ne me sens pas à ma place.
Phalène, moi aussi j'ai peur. Être père est quelque chose d'à la fois excitant et terrifiant pour moi. Et en plus de la maternité, tu dois affronter un monde nouveau. Mais je sais que tu es a ta place car nous sommes dorénavant une famille, et nous serons une famille unie.
Lentement il serra Phalène contre son cœur, tout en lui caressant les cheveux d'une main, et l'autre main restait sur le ventre. Il s'assit et prit sa compagne sur ses genoux. Il essuya les larmes qui coulaient lentement, alors qu'elle avait la gorge nouée.
-J'ai besoin de toi.
Dit-elle alors. Que répondre? Qu'il aurait aimé pouvoir l'épouser? Que dire? Alors que son cerveau cherchait, sa bouche, elle, prit la parole:
Je t'aime. Je ne pourrais plus vivre sans toi.
Il ne doutait pas de la sincérité de Phalène, il ne doutait plus, l'enfant étant aux yeux du comte l'ultime preuve de sincérité. Quand a lui, il était au moins aussi sincère que Phalène. _________________ Phalène ou Erwana? Telle est la question Premier Intendant d'Austrasie. |
|  | | Phalène

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 | Sujet: Re: Les Appartements de Dame Phalène Mar 26 Avr - 16:54 | |
| Phalène s'essuya ses yeux sur sa manche, comme un gamin aux prises avec un chagrin de petite fille. En cet instant elle eut l'air plus jeune que jamais, et on aurait difficilement cru à ses vingt ans, si son ventre n'était pas gonflé par le corps recroquevillé d'un enfant à naître.
Elle fit mine d'être rassurée, et sourit; les apparences, toujours, paraître pure, douce et chaste, ressembler à la femme que Nathan aimait et non à celle qu'elle était vraiment, cette plaie à vif, ce champ de ronces. Un élan de courage prit son envol en elle, un courage nourri par la haine qu'elle avait pour lui. Elle étouffa volontairement toutes les petites voix qui chuchotaient à son corps combien elle avait besoin de lui, ses mots doux et de la caresse de ses mains dans ses cheveux, qui susurraient à son coeur mort de douces promesses d'amour. Il l'aimait, dieux, mais il avait été trop loin... Oh dieux, pourquoi n'avait-il pu se retenir, respecter ce sanctuaire, ne pas outrepasser les limites? Il était comme tous les autres, elle devait s'en rappeler, et même s'il l'aimait, et désirait ardemment son bonheur au point de lui offrir tout ce dont elle avait besoin, et même bien plus, Nathan était un homme, et les hommes sont traîtres et cruels. Même un être aussi pur et innocent portait en lui cette souillure. On parlait de péché originel, porté par la femme; mais l'homme avait péché par cruauté et par barbarie.
Elle renifla encore une fois, et puis un sourire céleste de petite fille consolée lui vint aux lèvres, gonflant ses paumettes sous lesquelles se creusaient de petites fossettes, où roulèrent quelques dernières larmes.
-Je suis heureuse d'être à tes côtés, Nathan. Je ne pouvais espérer qu'une meilleure chose arrive dans ma vie, tu... Tu m'as sauvée. Je ne pourrai jamais assez te remercier.
Phalène affecta une petite mine timide.
-Je tâcherai d'être une bonne épouse, pour toi; même si je ne suis que ta maîtresse et qu'on m'appelle putain, j'ai des devoirs envers toi et je ferai tout pour les remplir au mieux. Je tâcherai d'être une bonne mère.
Elle s'était blottie contre lui, ses doigts usés serrant les mains de son maître, petite créature fragile et soumise, effacée et niaise au possible. Phalène haïssait le rôle qu'elle jouait, mais elle n'avait pas le droit, et ça la soulageait un peu, de jouer à la petite fille innocente, à celle qui était au fond d'elle sans souillure, qui n'avait commis de faute que parce qu'elle avait dû se sacrifier pour survivre. Une victime de plus de la barbarie, une princesse effarouchée à sauver. Ce que Phalène n'était pas, et n'avait jamais été, parce qu'il y avait tant de noirceur et de haine au fond d'elle... |
|  | | Nathan Comte de Metz

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 | Sujet: Re: Les Appartements de Dame Phalène Mer 27 Avr - 5:30 | |
| Nathan avait clairement succombé aux charmes de Phalène. Il aimait sincèrement Phalène et le mensonge de cette dernière lui semblait être la vérité. Ainsi la serait-il conte son cœur, la câlinait, et lui offrait plus qu'elle n'avait jamais désiré. Inconscient du dilemme qui tourmentait Phalène, mais se sentait coupable d'avoir péché, il se consolait en se disant que l'amour ne pouvait être péché, au contraire de noces sans réel amour car y avait-il plus beau que l'amour? Il s'illusionnait, cherchait des justifications pour se tenir prêt de Phalène et ne pas culpabiliser. Ce qui n'était pas aussi efficace que d'être près d'elle, la voir, l'entendre, respirer son parfum. Non ça n'avait rien a voir. Quand il était seul avec elle, il en oubliait jusqu'à Erwana. Plus rien ne comptait a part Phalène et leur enfant.
Délicatement il essuya la dernière larme et il lui embrassa le front.
"Je suis moi aussi heureux de t'avoir rencontrée. Tu es le soleil de ma vie. Et tu m'as amplement remercié en devenant la mère de mon enfant."
Lui répondit-il, avant que la jeune femme, derrière un sourire timide, ne fasse ses "vœux".
Il fut a la fois surpris et soulagé alors qu'elle se blottissait contre lui, et tendrement il lui embrassa la main. Il était ému et cherchait ses mots.
"Phalène… Je suis si…"
Il sourit alors tendrement.
"Si ému. Je te promet d'être un bon père et un bon époux."
Serrant tendrement Phalène, caressant son ventre, il ferma les yeux et lui embrassa le front. Légalement il savait qu'il ne l'était pas mais, au plus profond de lui, c'était Phalène qu'il considérait comme son épouse. Il la câlina un moment avant d'être rappelé à l'ordre par son estomac. Il sourit alors.
"Que dirais-tu de passer a table? Tu veux manger quelque chose de précis?"
Proposa alors Nathan. _________________ Phalène ou Erwana? Telle est la question Premier Intendant d'Austrasie. |
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